Irak: le bilan du raid iranien contre une base américaine s'alourdit

  25 Janvier 2020    Lu: 374
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La base aérienne militaire d'AÏn al-Assad, dans l'ouest de la province irakienne d'Anbar, après l'attaque de missiles iraniens du 8 janvier. Ayman Henna/AFP

Le bilan de l'attaque iranienne contre la base aérienne d'Aïn al-Assad en Irak le 8 janvier, plus lourd qu'annoncé initialement avec 34 soldats américains victimes de commotion cérébrale, s'est invité vendredi dans la campagne présidentielle américaine.

Sur ces 34 militaires, la moitié ont déjà réintégré leurs unités, mais huit soldats ont été rapatriés aux Etats-Unis et neuf autres évacués vers un hôpital militaire américain en Allemagne. Ils y seront traités pour des symptômes de commotion dûs aux explosions, a précisé vendredi au cours d'une conférence de presse un porte-parole du ministère américain de la Défense, Jonathan Hoffman.

Parmi les symptômes ressentis par les soldats, il a cité des «maux de tête, vertiges, hypersensibilité à la lumière, agitation et nausées». Ces symptômes ont rapidement disparu dans certains cas, mais pour les autres, ils se sont aggravés et les soldats ont dû être évacués. Dans la nuit du 7 au 8 janvier, Téhéran avait lancé des missiles contre les bases d'Aïn al-Assad (ouest) et d'Erbil (nord), où sont stationnés certains des 5.200 soldats américains, en représailles à l'élimination du général iranien Qassem Soleimani.

«Aucun Américain n'a été blessé dans les attaques de la nuit dernière», avait déclaré peu après le président américain Donald Trump dans un discours télévisé. Mais la semaine dernière, le Pentagone avait reconnu que 11 soldats souffraient en réalité de commotion cérébrale. Le porte-parole du Pentagone a expliqué vendredi le nouveau bilan par le fait que ces symptômes mettent souvent plusieurs jours à apparaître.

«Maux de tête»

Interrogé à ce sujet à Davos, le président américain, qui cherche à éviter toute escalade militaire avec Téhéran, avait de nouveau minimisé mercredi l'impact des frappes iraniennes. «J'ai entendu dire qu'ils avaient mal à la tête», a-t-il dit. «Je ne considère pas ça comme des blessures graves.» Ses commentaires ont été vivement critiqués par l'opposition démocrate. Estimant que Trump a «menti» quand il a annoncé qu'il n'y avait aucun blessé au lendemain des raids iraniens, l'élue démocrate Debbie Wasserman Schultz a souligné sur Twitter que «près de la moitié des commotions cérébrales nécessitent des interventions chirurgicales et peuvent conduire à des handicaps permanents.»

L'ancien vice-président Joe Biden a mentionné les 34 blessés lors d'un meeting de campagne dans le New Hampshire. Donald Trump a «balayé d'un revers de la main les blessures subies par les courageux soldats qui ont subi le bombardement» iranien en Irak, a déclaré le candidat à la primaire démocrate avant de rappeler le commentaire du président américain sur les «maux de tête» des soldats américains. «Franchement, je trouve ça répugnant», a-t-il conclu. (AFP)


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