Grèce: l'Onu préoccupée par les risques de détention de migrants

  13 Décembre 2019    Lu: 287
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Un groupe de travail onusien sur la détention arbitraire s'est dit vendredi «préoccupé» après le vote récent d'une loi durcissant l'octroi d'asile en Grèce, ce qui risque, selon les experts, de «compromettre le principe d'exception de la détention pour les demandeurs d'asile».

«Les nouvelles dispositions risquent d'introduire des procédures plus restrictives qui pourraient compromettre le principe légal selon lequel la détention des demandeurs d'asile est exceptionnelle», a indiqué lors d'une conférence de presse l'un des trois membres de ce groupe, Sètondji Roland Adjovi. Pour parer à la recrudescence des flux migratoires en Grèce, le gouvernement conservateur de Kyriakos Mitsotakis a récemment adopté des mesures plus strictes pour les migrants allant du durcissement de l'octroi d'asile à un projet de centres fermés sur les îles, en passant par la privation de l'accès aux services de santé. Le groupe onusien s'est dit inquiet «du prolongement de la période maximale de détention (...) qui peut atteindre 36 mois (...), ce qui tend à montrer que la détention de migrants et demandeurs d'asile devient plutôt la règle et non pas l'exception», a déploré Sètondji Roland Adjovi.

Il a appelé le gouvernement à garantir que les futurs centres d'accueil prévus sur les cinq îles de la mer Egée pour remplacer les camps insalubres et surpeuplés actuels, «seront ouverts pour ne pas encourager des pratiques de détention des demandeurs d'asile». Les experts ont souligné que la détention doit être une mesure exceptionnelle de dernier ressort appliquée au cas par cas et pour une période la plus courte possible. Le groupe a réalisé une enquête dans des centres de migrants et des commissariats au cours de laquelle ils ont identifié «des problèmes sérieux qui peuvent entraîner la privation arbitraire de liberté».

Parmi ces problèmes figurent surtout «la détention injustifiée des mineurs non accompagnés», «les retards pris dans l'enregistrement des demandeurs d'asile», «la détention dans des centres inappropriés», le manque d'aide juridique ou d'interprétariat, a indiqué Antonio Guevara Bermudez, un autre membre de ce groupe. Les experts se sont dits «particulièrement préoccupés» par «la restriction géographique» imposée aux demandeurs d'asile sur les îles, où ils sont cantonnés le temps de la procédure d'asile en vertu d'une déclaration de 2016 entre l'Union européenne et la Turquie. Selon cette déclaration visant à réduire le flux migratoire, le transfert des demandeurs d'asile des îles grecques vers la Grèce continentale n'est prévu que pour des personnes «vulnérables». (AFP)


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