Royaume-Uni : les conservateurs de Boris Johnson remportent les élections

  13 Décembre 2019    Lu: 575
    Royaume-Uni :   les conservateurs de Boris Johnson remportent les élections

Selon les résultats officiels cités par les médias britanniques, le Parti conservateur a obtenu la majorité absolue au Parlement. Sur 595 des 650 sièges où les vainqueurs sont déjà connus, les conservateurs en ont remporté 326.

Boris Johnson a réussi son pari. Selon un sondage de sortie des urnes, les conservateurs se sont dotés hier d’une écrasante majorité, sans précédent depuis l’ère Thatcher. Ils remporteraient 368 sièges (contre 317 lors du précédent scrutin en 2017) sur les 650 de la Chambre des Communes, ce qui donnerait au Premier ministre une majorité de 86 sièges. Le Labour s’effondre à 191 sièges, contre 262 auparavant. Le SNP écossais récolterait 55 sièges, les Libéraux-démocrates 13 sièges quand le Brexit Party de Nigel Farage n’en aurait aucun. Ce sondage sorti des urnes est généralement considéré comme fiable, même s’il fallait attendre le milieu de la nuit pour avoir des résultats fermes.

La voie est donc ouverte pour le Brexit. «A ce stade, il semble que ce gouvernement conservateur se soit vu confier un nouveau mandat fort, pour 'faire le Brexit', et pas seulement pour faire le Brexit, mais pour unir ce pays et le faire avancer», a déclaré Boris Johnson dans la nuit, après avoir remporté son siège de député dans la circonscription d'Uxbridge. Le Premier ministre avait en effet besoin d’une majorité absolue pour faire adopter par le Parlement l'accord de divorce négocié avec Bruxelles fin octobre. Son slogan de campagne tenait en trois mots : «Get Brexit done» (Finissons le Brexit). Il a promis un retrait de l'UE le 31 janvier, la nouvelle échéance fixée après déjà trois reports, ainsi que la finalisation d’un accord commercial avec l’UE en moins d’un an, délai jugé toutefois peu réaliste à Bruxelles.

Verdict tranché
À l’inverse, une belle performance des travaillistes aurait pu porter un coup d’arrêt au Brexit, avec la perspective d’un nouveau référendum. Planait aussi la possibilité d’un hung Parliament - un parlement sans majorité - avec un gouvernement minoritaire et un prolongement des incertitudes. Réunis pour un sommet à Bruxelles jeudi, les dirigeants européens n’avaient pas caché leur espoir d’un verdict tranché, «de sorte que l'on sache vers où on se dirige au cours des prochains mois» comme l’a déclaré le premier ministre irlandais Leo Varadkar. «C’est définitivement la fin de l’idée que le Brexit pourrait être évité, a commenté Sara Hobolt, professeur de sciences politiques à la LSE (London School Of Economics), c’est la fin du Royaume-Uni dans l’UE et la fin de l’incertitude.»

«On a vu un réalignement des partis sur la question du Brexit. Le génie de Boris Johnson a été de rassembler les ''Leavers'' derrière lui, en récupérant les voix qui étaient allées derrière le Brexit Party, alors que le vote Remain est beaucoup plus divisé, a encore analysé Sara Hobolt, l’opinion britannique est à peu près divisée à 52-48% mais le scrutin favorise de grands mouvements derrière les partis.»

Fin de partie pour Corbyn ?
Du côté des deux grands partis, les réactions étaient évidemment contrastées… «C’est une grosse majorité en nombre de sièges, mais nous attendons de voir le détail du vote par circonscription, a commenté sur Sky News James Cleverly, président du Parti conservateur. Dans les régions traditionnellement travaillistes qui ont voté pour le Brexit, j’ai vu pendant la campagne de la fureur contre Jeremy Corbyn, qui avait promis de soutenir le Brexit et n’a fait que le contraire pendant deux ans et demi.» Dans le camp advserse, on faisait grise mine. «Si cela se confirme, c’est évidemment un résultat dévastateur pour le Parti travailliste, a reconnu Barry Gardiner, membre du cabinet fantôme du Labour, cette élection s’est concentrée presque exclusivement sur la question du Brexit, au lieu des politiques d’espoir que nous avons proposées aux gens qui ont en besoin.» Clairement, cette gifle pourrait siffler la fin de partie pour Jeremy Corbyn. Le chef du parti travailliste s'est dit vendredi «très déçu» du résultat, ajoutant qu'il ne «conduira pas le parti aux prochaines élections».

Le Figaro

 


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