Grèce: manifestations en mémoire d'un adolescent tué par un policier

  06 Décembre 2019    Lu: 620
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Des jeunes manifestants et des groupes d'extrême gauche ont manifesté vendredi à Athènes et dans plusieurs villes de Grèce, en mémoire d'un adolescent de 15 ans, tué il y a 11 ans par un policier.

Dans la capitale grecque, selon la police, près de 4500 personnes se sont rassemblées en soirée. Sur les panneaux, les slogans honoraient la mémoire du jeune garçon: «11 ans depuis le meurtre d'Alexandros Grigoropoulos, nous ne t'oublions pas!», «cette balle n'était pas tirée par hasard, laissez la jeunesse en paix!». A la fin du défilé, les manifestants se sont dirigés vers le quartier d'Exarchia où l'adolescent avait été tué par balle par un policier. Le centre d'Athènes restait partiellement fermé à la circulation durant la nuit.

En début d'après-midi, un millier d'étudiants avaient déjà défilé derrière une banderole proclamant: «Cassez les chaînes de la soumission avec le feu de la révolte», en scandant: «Ces journées appartiennent à Alexis». A Thessalonique, deuxième ville du pays, environ 2200 de personnes ont également défilé selon la police. A Patras, la manifestation qui a rassemblé 400 personnes a été émaillée de violences, de tirs de gaz lacrymogènes par les forces de l'ordre et de cocktails molotov par des manifestants.

«Les émeutes et le vandalisme insultent sa mémoire»

Comme chaque année depuis le 6 décembre 2008, des centaines de jeunes se sont donnés rendez-vous pour l'anniversaire de la mort d'Alexandros Grigoropoulos, 15 ans, tué par balle par un agent de police dans le quartier contestataire d'Exarchia, à Athènes. Les autorités ont déployé à Athènes quelque 3500 policiers aidés de drones, d'un hélicoptère et d'un canon à eau pour prévenir de possibles violences, selon une source policière. La mère de l'adolescent a lancé un appel au calme. «Alexandros était un enfant gentil et non-violent», a déclaré Gina Tsalikian sur la chaîne Open TV. «Les émeutes et le vandalisme étaient étrangers à sa nature et insultent sa mémoire», avait-elle déjà dit cette semaine.

En 2008, le pays s'était embrasé après cette bavure policière. Pendant plus d'un mois, élèves et étudiants, rejoints par des jeunes précaires et des militants de gauche, avaient participé à des manifestations d'une ampleur inédite, accompagnées d'actes de vandalisme et de pillage. Le policier reconnu coupable d'homicide volontaire, Epaminondas Korkoneas, a été condamné à la prison à vie mais a été remis en liberté en juillet dernier. La cour suprême a fait appel de cette libération anticipée. (AFP)


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