Le Sénat américain adopte un texte soutenant Hongkong face à Pékin

  20 Novembre 2019    Lu: 964
Le Sénat américain adopte un texte soutenant Hongkong face à Pékin

La démarche illustre une volonté bipartisane à Washington d'afficher un soutien au mouvement de contestation et de durcir la position des États-Unis à l'égard de la Chine. Le texte à déclenché la colère de Pékin.

Le Sénat américain a adopté mardi à l'unanimité un texte soutenant les «droits humains et la démocratie» à Hongkong face à Pékin et menaçant de suspendre le statut économique spécial accordé par Washington à l'ancienne colonie britannique. Les sénateurs ont également approuvé une mesure qui interdirait la vente à la police hongkongaise de gaz lacrymogène, balles en caoutchouc et autres équipements destinés à réprimer les manifestations.

La Chine avait exprimé son «extrême indignation» après l'adoption mi-octobre, à la chambre basse du Congrès américain, d'un texte similaire. Les deux projets de lois étant légèrement différents, les deux chambres devront harmoniser les textes avant un vote final et sa possible promulgation par le président Donald Trump. La démarche illustre en tout cas une volonté bipartisane d'afficher un soutien au mouvement de contestation qui secoue Hongkong depuis plusieurs mois et de durcir la position des États-Unis à l'égard de la Chine, à qui l'ancienne colonie britannique a été rétrocédée en 1997.

«Aujourd'hui, le Sénat américain a envoyé un message clair aux Hongkongais qui luttent pour les libertés auxquelles ils sont attachés de longue date: nous vous entendons, nous restons à vos côtés, et nous ne resterons pas sans réagir pendant que Pékin sape votre autonomie», a déclaré le sénateur républicain Marco Rubio. Le numéro deux de l'influente commission des Affaires étrangères, le démocrate Bob Menendez, souligne dans un communiqué commun que «ce texte établit clairement que les Etats-Unis défendront fermement et sans ambiguïtés les aspirations légitimes du peuple de Hongkong». Pour le président républicain de la commission, James Risch, l'adoption de ce texte «est un pas important afin de tenir le Parti communiste chinois pour responsable de son travail de sape de l'autonomie de Hong Kong et sa répression des libertés fondamentales».

Hongkong est lié à Washington par un statut économique spécial, qui permet au territoire d'être exonéré des restrictions s'appliquant à la Chine continentale. Le texte conditionnerait le maintien de ce statut spécial à la validation annuelle par le département d'État d'une situation jugée convenable en matière de respect des droits de la part des autorités hongkongaises.

Il s'agirait de se pencher notamment sur «l'autonomie dans la prise de décision de son gouvernement en ce qui concerne les droits humains, le respect des lois et les demandes d'extradition, le suffrage universel, l'indépendance de la justice, les fonctions de la police et des forces de sécurité, le contrôle des exportations et le respect des sanctions». Il prévoit également des sanctions pour toute «personne étrangère» qui se rendrait, notamment, responsable «d'extradition extrajudiciaire» ou violerait les droits humains à Hongkong.

Ce texte prévoit en outre de demander à l'exécutif américain qu'il «développe une stratégie afin de protéger les Américains et d'autres à Hongkong face aux transfèrements ou enlèvements vers la Chine». Le mouvement de contestation a débuté à Hongkong en juin à la suite du rejet d'un projet de loi visant à autoriser les extraditions vers la Chine continentale.

Celui-ci a depuis été suspendu, mais les manifestants ont élargi leurs revendications. Ils exigent le suffrage universel complet pour les élections hongkongaises, ainsi qu'une enquête indépendante sur les violences policières. Après cinq mois de manifestations de plus en plus violentes contre l'exécutif pro-Pékin, le pouvoir chinois n'est toujours pas parvenu à obtenir un retour au calme dans le territoire autonome.

A Pékin, le ministère des Affaires étrangères a dénoncé le vote du Sénat américain et appelé à d'importantes contre-mesures pour garantir la souveraineté et la sécurité de la Chine. Dans un communiqué, le porte-parole de la diplomatie chinoise demande aux États-Unis d'arrêter d'interférer dans les affaires internes de Hong Kong et de la Chine. Geng Shuang appelle aussi Washington à empêcher que les textes votés par la législature soient promulgués.

La Maison-Blanche n'a pour le moment pas donné d'indication sur les intentions de Donald Trump à l'égard du texte, le «Hongkong human rights and democracy Act». Un représentant américain, s'exprimant sous couvert d'anonymat, a récemment déclaré qu'aucune décision n'avait été prise sur la question.

Le Figaro


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