Turquie: Ankara et Washington étudient les affaires “S400” et “F35”

  16 Novembre 2019    Lu: 607
    Turquie:   Ankara et Washington étudient les affaires “S400” et “F35”

Le porte-parole de la Présidence turque, Ibrahim Kalin, a annoncé le début des pourparlers avec les États-Unis, vendredi, pour résoudre les affaires du système de défense antiaérienne russe “S-400” et des avions de combat américains “F-35”.

C’est ce qui ressort de son intervention dans la chaîne gouvernementale turque “TRT News” pour évaluer la visite du président Recep Tayyip Erdogan aux États-Unis mardi et mercredi derniers.

Kalin a révélé que le président Erdogan et son homologue américain Donald Trump lui avaient confié la tâche de coordonner avec le Conseiller américain à la Sécurité nationale, Robert O’Brien dans le cadre de cette affaire.

“Nous avons entamé les pourparlers qui se feront bilatéraux entre les deux pays et non en coordination avec l'OTAN” a-t-il annoncé.

“Le système S-400 pourrait être utilisé indépendamment sans être intégré au système de défense de l'OTAN” a-t-il ajouté.

Le porte-parole de la Présidence turque a expliqué que la délégation turque s’était rendue à Washington avec une vision claire et avait présenté les arguments de la Turquie de manière très ouverte.

“Des problèmes majeurs, notamment la zone sûre en Syrie, étaient au coeur de la réunion entre Erdogan et Trump”, selon Ibrahim Kalin.

“Trump avait interrogé Erdogan sur le nombre détaillé des réfugiés en Turquie, ceux qui pouvaient retourner chez eux et les régions sûres et avait déclaré que l'Europe devait aider davantage la Turquie, mais ne l'aidant pas suffisamment” a-t-il poursuivi.
Pour Kalin, le fait que Trump ait approché le sujet de la sorte et s’est exprimé ainsi constitue l'un des principaux piliers de la réunion.

“Les deux présidents partageaient la nécessité d’étudier ce dossier avec l'OTAN” a-t-il ajouté.

" Après s’être mis d’accord avec Trump, le président Erdogan évoquera ce dossier lors du sommet de l'OTAN (décembre). Il s’agit de l’une des importantes résolutions de cette visite” a-t-il dit.

Le porte-parole de la Présidence turque a affirmé que tous les problèmes n'ont pas été résolus, toutefois, il s'agissait d'une phase qu’il faut bien gérer.

“La Turquie a été laissée seule lors de Opération Bouclier de l'Euphrate contre l'organisation terroriste Daesh. C’est le seul pays qui lutte contre trois organisations terroristes simultanément sans avoir bénéficié du soutien nécessaire de l’OTAN” a-t-il assuré.

Kalin a évoqué la volonté de la Turquie d'acheter le système américaine de missile “Patriot”, qui pourrait être utilisé avec le "S-400" sans qu’ils ne constituent une menace réciproque.

En réponse à l’éventualité de ne pas activer le système russe en l'absence d'un résultat concret de la collaboration avec les États-Unis, Kalin a indiqué “ce sujet n’a pas été évoqué pour le moment”.
Il a ajouté que “le président Erdogan a clairement indiqué depuis Washington que la Turquie ne renoncera pas au “S-400” car les accords ont été ratifiés”.

En effet, Kalin a indiqué l'accord du 17 octobre avec Washington sur le nord de la Syrie a été couronné de succès, toutefois, l'organisation terroriste “YPG/PKK” mène des provocations dans zones extérieures à l'accord.

Quant à l'évolution de la situation dans la région de Tal Tamr (appartenant à la province d'al-Hasakah, dans le nord de la Syrie), Kalin a fait savoir que le “YPG/PKK”, par “ses provocations très claires”, veut pousser les forces turques à attaquer la région où une minorité chrétienne y est installée.

“Toutefois, la Turquie ne se fera pas piéger pour que l’organisation terroriste trouve un moyen de prouver sa légitimité”.

"Quand la menace de Daech sera terminée, il n'y aura plus de terrain pour soutenir les armes fournies aux YPG/PKK”, a-t-il martelé.

Par ailleurs, le porte-parole de la Présidence turque a annoncé que le président russe Vladimir Poutine envisage de se rendre en Turquie dans la première quinzaine du mois de janvier.

Dans ce contexte, Kalin a assuré que les patrouilles conjointes avec la Russie dans le nord de la Syrie se poursuivront et que les terroristes du “YPG/PKK” sont encore présents dans Qamishli et Aïn al-Arab, le président Erdogan en a informé Poutine lors de la dernière conversation téléphonique entre eux.

Alors que la partie russe prétendait que 34 000 personnes se sont retirées, les sources turques n’ont pas encore confirmé l’information, selon Kalin.

“Il y a deux ou trois mois, près d'un tiers du territoire syrien était sous le contrôle du “YPG/PKK”, mais la carte a maintenant changé” a-t-il soutenu.

AA


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