OTAN : l'Allemagne prend à nouveau ses distances avec Macron

  10 Novembre 2019    Lu: 496
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La chancelière allemande Angela Merkel et son ministre des Affaires étrangères Heiko Maas ont de nouveau pris leurs distances dimanche avec le président français Emmanuel Macron qui a jugé que l'Otan était en état de "mort cérébrale".

"L'Otan, l'Alliance atlantique, est le pilier central de notre défense", a assuré la chancelière dans son podcast hebdomadaire consacré au 64e anniversaire de l'armée allemande, la Bundeswehr.

"Toutefois, il est de plus en plus clair que nous les Européens, les Etats membres de l'UE dans l'Otan, devront prendre plus de responsabilité à l'avenir", a-t-elle ajouté alors qu'elle retrouvera dimanche soir Emmanuel Macron pour un dîner à Berlin avec le président de la République Frank-Walter Steinmeier.

"Cela signifie que nous devons renforcer la direction de la partie européenne de l'Otan. Pour cela, il y a la coopération structurée dans le domaine de la politique de défense dans l'Union européenne, ce qu'on appelle le Pesco", a détaillé Angela Merkel.

Le chef de la diplomatie allemande Heiko Maas lui a emboîté le pas en affirmant dans une tribune à l'hebdomadaire der Spiegel: "Nous voulons et avons besoin de l'Otan".

"Ce serait une erreur de laisser s'éffriter l'Otan. Sans les Etats-Unis, ni l'Allemagne ni l'Europe ne sont en situation de se protéger avec efficacité", a-t-il estimé.

Emmanuel Macron avait jeté un pavé dans la mare en jugeant jeudi l'Alliance atlantique dans un état de "mort cérébrale". Il avait pointé du doigt l'absence de coordination avec les Etats-Unis et le cavalier seul de la Turquie, membre de l'Alliance, récemment intervenue militairement dans le nord de la Syrie.

Il faut "clarifier maintenant quelles sont les finalités stratégiques de l'Otan", avait-il fait valoir.

Angela Merkel, qui a toujours adopté une attitute très atlantiste, avait promptément réagi à ces déclarations, assurant ne pas partager la vision "radicale" du Français. "Je ne pense pas qu'un tel jugement intempestif soit nécessaire", avait-elle ajouté.

AFP


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