Un djihadiste français d'origine tchétchène condamné à dix ans de prison

  09 Novembre 2019    Lu: 619
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Le «sniper de Daesh» a été condamné. Ce Tchétchène naturalisé français en 2008, qui était notamment accusé d'avoir été «émir» d'un groupe djihadiste en Syrie en 2013 et 2014, a été condamné samedi 9 novembre à Paris à dix ans de prison par la cour d'assises spéciale.

Vendredi soir, l'avocat général avait admis la difficulté d'établir les faits. «Quand et combien de temps est-il allé en Syrie? Je suis dans l'incapacité de faire une démonstration certaine», a déclaré le magistrat. Khassanbek Tourchaev a reconnu s'être rendu en Syrie et y avoir séjourné environ trois mois en 2013 et 2014. Mais il a affirmé y être allé dans le but de chercher ses frères, «pas pour faire la guerre». «Je n'ai pas combattu, je me suis défendu», a-t-il affirmé.

Il était cependant accusé d'avoir participé à des combats et assuré une formation en explosifs à d'autre combattants. Selon le Parisien, il assurait aussi des formations au fusil «sniper». Khassanbek Tourchaev était aussi soupçonné d'avoir joué le rôle d'«émir» dans un groupe djihadiste, au sein de l'Emirat du Caucase affilié à Ahrar al-Cham, qui faisait lui-même partie du Front islamique.

Khassanbek Tourchaev a affirmé n'avoir été «émir» qu'une quinzaine de jours. «Quand j'étais au front, un émir est mort pendant le combat, donc il fallait un supérieur. Les jeunes m'aimaient bien, ils m'ont demandé de prendre la succession», s'est défendu l'accusé, arrêté en 2015 en Moldavie.

L'avocat général lui-même a souligné «le parcours judiciaire inhabituel de ce dossier»: Khassanbek Tourchaev devait d'abord être jugé en correctionnelle, où il encourait dix ans de prison. Mais après que le parquet général a estimé que les faits étaient de nature criminelle, le dossier a été renvoyé aux assises.

Dans sa plaidoirie, Me Riché a demandé à la cour de sortir du «fantasme» autour de ce personnage, qui a eu «une enfance dorée» en Tchétchénie avec un père ministre dans les années 90. Khassanbek Tourchaev, aujourd'hui âgé de 49 ans, est arrivé en France en 2002 où il a obtenu l'asile politique. Il a été naturalisé en 2008.

Dès 2005, il avait été repéré par les services de renseignement en raison de son extrémisme religieux. Il se décrit lui-même comme salafiste. «Aujourd'hui je suis sur la voie d'Allah», a-t-il déclaré. Mais dans ses derniers mots à la cour, il a affirmé que «la Syrie [était] un sujet clos» pour lui. «La prison a changé beaucoup de choses en moi. Ce dont j'ai besoin, c'est ma famille», a déclaré ce polygame, père de plusieurs enfants qui vivent en Alsace. (AFP)


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