Présidentielle américaine: Michael Bloomberg pourrait finalement se lancer

  08 Novembre 2019    Lu: 682
  Présidentielle américaine: Michael Bloomberg pourrait finalement se lancer

Ritzau Scanpix Denmark

Après avoir annoncé en janvier qu'il renonçait, l'ancien maire de New York s'apprêterait selon plusieurs médias américains à officialiser ce vendredi sa candidature à la primaire démocrate.

Jugeant Joe Biden trop faible et Bernie Sanders et Elizabeth Warren trop à gauche, l'ancien maire de New York Michael Bloomberg envisage finalement de se lancer dans la course à l'investiture démocrate pour la présidentielle 2020, ont indiqué ce jeudi plusieurs médias américains.

Le septuagénaire, président fondateur de l'agence d'informations financières qui porte son nom, avait annoncé en mars qu'il ne se présenterait finalement pas, au vu des nombreux candidats démocrates déjà dans la course et pour ne pas saper les chances de l'ex-vice-président Joe Biden, l'un des démocrates les plus centristes.

Mais selon des sources proches de l'homme d'affaires citées notamment par le New York Times et CNN, il rassemble désormais les signatures nécessaires au dépôt de sa candidature dans l'Etat de l'Alabama (sud), qui requiert des candidats qu'ils s'enregistrent au plus tard ce vendredi. «Il pense que Biden est faible et que Sanders et Warren ne peuvent pas gagner», a indiqué une source proche de Bloomberg, citée par le New York Post.

Michael Bloomberg, une figure centriste proche de Wall Street, n'a jamais caché ces derniers temps son opposition aux mesures prônées par ELizabeth Warren et Bernie Sanders, qui font tous deux une campagne très à gauche, dénonçant notamment un système «corrompu» par les financiers de Wall Street et les grandes entreprises. Depuis quelques semaines, alors que Joe Biden perdait du terrain face à Elizabeth Warren et Bernie Sanders, des proches de l'ancien maire avaient déjà laissé entendre qu'il réfléchissait à nouveau à la possibilité d'entrer dans la course.

Michael Bloomberg, 77 ans, l'un des hommes les plus riches du monde qui utilise une partie de sa fortune pour soutenir des candidats démocrates et la lutte contre le réchauffement climatique, est néanmoins connu pour tergiverser sur ce type de décisions. Celui qui dirigea New York de 2002 à 2013 avait déjà envisagé de se présenter comme indépendant lors de la présidentielle 2016, avant d'abandonner de peur de diviser les démocrates face à Donald Trump.

Bloomberg n'a d'ailleurs pas officiellement confirmé les informations concernant son enregistrement dans l'Alabama. Plusieurs sources citées par les médias américains soulignaient qu'il n'avait pas encore arrêté sa décision. «Il faut achever le travail et nous assurer que Trump sera battu, mais Mike craint de plus en plus que le groupe actuel de candidats ne soit pas en bonne position pour y arriver», a simplement indiqué Howard Wolfson, un de ses conseillers, dans un communiqué. «Etant donné ses réussites, son leadership et sa capacité à rassembler en faveur du changement, Mike pourrait engager le combat face à Trump et gagner», a-t-il ajouté.

Même si la décision n'est pas encore prise, les hésitations de Michael Bloomberg pourraient peser sur la course à l'investiture démocrate, encore très ouverte avec 17 candidats. Joe Biden, Elizabeth Warren et Bernie Sanders sont en tête de peloton, mais un quatrième candidat, le jeune maire de l'Indiana Pete Buttigieg, centriste lui aussi, progresse dans les sondages. «Bienvenue dans la course, Michael Bloomberg», a réagi jeudi soir Elizabeth Warren sur Twitter. «Si vous cherchez des idées politiques qui pourraient grandement changer les choses pour les gens qui travaillent, et qui sont très populaires, commencez par ça», a-t-elle lancé en boutade, renvoyant vers ses projets de taxation des riches censés financer ses projets d'éducation gratuite ou d'assurance santé pour tous.

Bernie Sanders n'a pas évoqué directement le nouveau candidat, mais il a semblé y faire allusion dans un tweet jeudi soir: «La classe des milliardaires a peur, et elle a raison d'avoir peur.»

Très actif dans la lutte contre le changement climatique ou pour la santé, Michael Bloomberg, qui a fait fortune grâce à l'agence d'informations financières qui porte son nom, dépense déjà des millions pour soutenir des candidats démocrates à des élections locales. Comme il l'a fait lors des élections de mi-mandat en novembre 2018, ou lors des élections locales en Virginie ce mardi.

Plusieurs de ses proches avaient indiqué en début d'année que cet homme deux fois grand-père serait prêt à mettre 500 millions de dollars sur la table pour la présidentielle 2020.

AFP


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