Chili: le président exclut de démissionner

  06 Novembre 2019    Lu: 701
  Chili:   le président exclut de démissionner

Il reconnaît qu'il est «responsable d'une partie» des «problèmes qui se sont accumulés depuis 30 ans» mais exclut de démissionner : en cette troisième semaine de contestation au Chili, le président Piñera s'est dit ouvert à la discussion et n'écarte pas une réforme de la Constitution.

Dix-huit jours après le début d'une fronde sociale inédite qui a fait 20 morts dans ce pays considéré jusqu'à récemment comme un des plus stables d'Amérique latine, la mobilisation ne faiblit pas. Des dizaines de milliers de manifestants sont descendus lundi dans les rues, donnant lieu à de violents affrontements avec les forces de l'ordre. Mardi, quelque 2.000 personnes se sont rassemblées sur la Plaza Italia, dans la capitale, selon la municipalité de Santiago, où de légers incidents ont été rapportés.

Cible de nombreuses critiques, le chef de l'Etat, qui gardait le silence depuis plusieurs jours, a balayé l'éventualité d'une démission, que réclament de nombreux opposants. «J'irai jusqu'à la fin de mon mandat. J'ai été élu démocratiquement, par une large majorité de Chiliens, j'ai un devoir et un engagement envers mes électeurs et envers tous les Chiliens», a affirmé Sebastian Piñera, interrogé par la BBC.

Après avoir commencé par réprimer la crise sociale, décrétant l'état d'urgence, faisant appel aux militaires et instaurant un couvre-feu, le président s'est dit mardi pour la première fois ouvert au dialogue. Les manifestations quotidiennes ont été émaillées d'échauffourées, de pillages et d'accusations de violences policières. «Nous sommes disposés à discuter de tous les sujets, y compris une réforme de la Constitution», a-t-il déclaré après plusieurs jours sans annonce, un fait inhabituel pour ce dirigeant hyperactif et omniprésent.

Approuvée en 1980 lors d'un référendum polémique sous la dictature, la Constitution a été rédigée pour garantir au régime d'Augusto Pinochet et aux partis conservateurs de conserver leur pouvoir, même une fois la dictature terminée en 1990.

La crise sociale a commencé le 18 octobre après l'annonce d'une augmentation du ticket de métro, qui a été depuis annulée sans faire retomber la colère populaire. Révoltés par les inégalités sociales et une élite politique jugée totalement déconnectée du quotidien de la grande majorité des Chiliens, les manifestants réclament notamment une réforme du système de retraites et une révision de la Constitution, tous deux hérités de la période de la dictature d'Augusto Pinochet (1973-1990), ainsi que de profondes réformes du modèle économique ultralibéral chilien. (AFP)


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