Chili: nouvelles manifestations à Santiago et d'autres grandes villes

  30 Octobre 2019    Lu: 379
  Chili:   nouvelles manifestations à Santiago et d

De nouvelles manifestations, parfois émaillées d'incidents, ont eu lieu mardi au Chili pour maintenir la pression sur le gouvernement du président conservateur Sebastian Pinera, au onzième jour d'un mouvement de contestation inédit contre les inégalités socio-économiques. 

Environ 10.000 personnes, selon les autorités locales, se sont rassemblées sur l'emblématique Plaza Italia, dans le centre de Santiago, après un appel lancé sur les réseaux sociaux. "Pinera démission", pouvait-on lire sur une large banderole déployée par les manifestants.

Comme la veille, des incidents isolés ont éclaté aux abords du rassemblement entre protestataires et forces de l'ordre, lorsque des manifestants, mobilisés sous le mot d'ordre "Marquons l'histoire devant La Moneda" ont tenté de se diriger vers le palais présidentiel, protégé par un large périmètre de sécurité. Des heurts ont eu lieu entre manifestants et forces de l'ordre. Aux jets de pierres et barricades incendiées ont répondu les gaz lacrymogène des policiers déployés en nombre. Quelques commerces ont été saccagés et pillés.

Lundi, des violences avaient déjà éclaté, quelques heures après le renouvellement par le chef de l'Etat d'une partie de son gouvernement. Des commerces avaient été pillés, tandis qu'un violent incendie avait touché un immeuble, rappelant les violences survenues au premier jour de la contestation le 18 octobre.

"Il ne s'agit pas de gens qui veulent la justice sociale, qui veulent que les choses aillent mieux, ce sont des gens qui veulent la destruction, le chaos", avait réagi Karla Rubilar, la nouvelle porte-parole du gouvernement. Elle avait alors souligné le contraste avec la mobilisation historique du 25 octobre où 1,2 million de personnes, selon des chiffres officiels, avaient manifesté pacifiquement.

Selon des médias locaux, d'autres manifestations ont eu lieu à Valparaiso (centre) où les protestataires ont tenté en vain de s'approcher du Parlement, dont le siège se trouve dans cette ville portuaire située à 120 km à l'ouest de Santiago, ainsi qu'à Concepcion (sud).

Le sous-secrétaire à l'Intérieur, Rodrigo Ubilla, a souligné une recrudescence des actes violents de type incendies, pillages et saccages, passés de 21 à 89 entre dimanche et lundi dans tout le pays. Son homologue à la Justice, Hernan Larrain, a par ailleurs reconnu que certaines intervention des forces de sécurité depuis le début des troubles "semblaient être des violations des droits de l'homme".

Vingt personnes sont mortes depuis de la contestation, dont cinq par l'intervention des forces de sécurité. Plus d'un millier de personnes ont été blessées. Une mission de l'ONU pour enquêter sur ces cas de violations des droits de l'homme est attendue dans les prochains jours dans le pays.

Selon une enquête de l'Université catholique de Temuco, 94% des personnes interrogées se sont dites favorables aux revendications sociales portées par les manifestants et deux tiers d'entre elles (68%) ont affirmé avoir participé à des rassemblements de protestation, y compris dans des quartiers de la classe moyenne de la capitale.

Le tout nouveau ministre des Finances, Ignacio Briones, a déclaré mardi que l'économie chilienne serait affectée par la crise sociale. "Les signaux que nous avons donnés (...) vont générer une diminution des investissements", a-t-il estimé, ajoutant qu'il serait nécessaire de réviser la prévision de croissance de 2,5% pour 2019.

Une hausse du prix du ticket de métro dans la capitale a été le détonateur d'une fronde sociale inédite dans ce pays de 18 millions d'habitants réputé pour sa stabilité. Malgré la suspension de la mesure, le mouvement s'est amplifié, nourri par le ressentiment face aux inégalités sociales. (AFP)


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