Allemagne: test pour l'extrême droite après l'attentat de Halle

  24 Octobre 2019    Lu: 794
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Personnalité la plus radicale de l'extrême droite allemande, Björn Höcke affronte dimanche des élections régionales en forme de test, au moment où son parti est accusé d'avoir préparé le terrain au récent attentat antisémite de Halle.

Elles se dérouleront dans le Land de Thuringe, dans l'ex-RDA, où l'Alternative pour l'Allemagne (AfD), parti très eurosceptique et anti-migrants, est crédité de plus de 20% des voix.

Le mouvement pourrait au moins doubler son score de 2014 et poursuivre sur sa forte progression constatée dans les plus récents scrutins, notamment en septembre en Saxe et dans le Brandebourg. Le parti d'extrême droite est au coude-à-coude pour devenir la seconde force politique de la région avec les conservateurs d'Angela Merkel (CDU), derrière la gauche radicale qui dirige ce Land de deux millions d'habitants, le seul en Allemagne. Si l'AfD ne peut espérer gouverner la Thuringe après le scrutin, elle va à coup sûr avec sa probable percée fortement compliquer la formation du futur gouvernement: aucun autre parti ne voulant gouverner avec elle, une coalition majoritaire risque de s'avérer impossible à constituer.

La campagne s'est déroulée dans une atmosphère tendue, avec accusations d'un côté envers la rhétorique de l'AfD et de l'autre menaces de mort à l'encontre de candidats opposés à l'extrême droite.

L'attentat de Halle dans la région voisine de Saxe-Anhalt début octobre, lors duquel un néo-nazi allemand a tué deux personnes et tenté de commettre un massacre dans une synagogue, a mis l'AfD sous pression. Son candidat Björn Höcke, 47 ans, représentant de l'aile la plus droitière du parti, est accusé par ses détracteurs d'avoir idéologiquement nourri le regain actuel de l'antisémitisme dans le pays par ses déclarations répétées visant à rompre avec la culture de repentance des crimes nazis, fondement de l'après-guerre dans le pays.

L'AfD a dénoncé à ce propos une campagne de «diffamation». Marié et père de quatre enfants, cet ancien professeur de lycée incarne la mouvance la plus à droite de son mouvement. En 2017, il avait qualifié le Mémorial de la Shoah à Berlin de «monument de la honte». Il a aussi défendu l'idée «d'une Allemagne millénaire», une manière de signifier que l'histoire nationale dépasse la seule période nazie, qu'un autre cacique de l'AfD, Alexander Gauland, a pour sa part qualifié de simple «fiente d'oiseau» au regard du passé glorieux du pays. Le mois dernier, Björn Höcke a interrompu une interview télévisée lors de laquelle il était interrogé sur sa rhétorique rappelant celle d'Adolf Hitler.

La chancelière Angela Merkel, elle-même cible régulière de l'ultra-droite pour sa politique généreuse d'accueil des migrants en 2015 et 2016, a exhorté après l'attentat de Halle les extrémistes à surveiller leurs «paroles» qui peuvent «se transformer en actes». Son parti avait déjà mis en cause en juin l'AfD dans l'assassinat par un néonazi d'un élu pro-migrants du mouvement de la chancelière, Walter Lübcke.

AFP


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