Le Kazakhstan arrête des demandeurs d'asile venus de Chine

  14 Octobre 2019    Lu: 683
Le Kazakhstan arrête des demandeurs d

Deux ressortissants chinois issus de la minorité musulmane kazakhe ont été arrêtés au Kazakhstan, où ils disent avoir fui pour échapper à la répression en Chine, ont annoncé lundi leurs avocats.

Kaster Moussakhan et Mourager Alimouly ont été interpellés par les services de renseignement kazakhs (KNB) pour avoir illégalement passé la frontière, après qu'ils ont diffusé sur YouTube une vidéo dans laquelle ils demandaient aux autorités kazakhes de leur accorder une protection, racontant avoir été battus par la police chinoise dans le Xinjiang (nord-ouest). Selon des organisations de défense des droits de l'homme, pas moins d'un million de Chinois musulmans, des Ouïghours du Xinjiang pour la plupart, ont été internés dans des «camps de rééducation».

Pékin dément ce chiffre et explique qu'il s'agit de «centres de formation professionnelle» destinés à lutter contre la radicalisation islamiste. Les deux hommes ont été arrêtés et sont interrogés par les autorités kazakhes, «une procédure normale car ils ont admis avoir passé la frontière illégalement», a expliqué à l'AFP un de leurs avocats, Chynkouat Baïjanov. Le KNB n'était pas joignable pour des commentaires.

Le Kazakhstan, un pays riche en ressources naturelles et frontalier de la Chine, entretient des relations étroites avec Pékin. Mais ce pays d'Asie centrale est aussi devenu un lieu de mobilisation pour les organisations traitant de la cause des Ouïghours et d'autres minorités musulmanes. Quelque 1,5 million de personnes d'ethnie kazakhe vivraient actuellement en Chine.

Dans leur vidéo, qui a rencontré un grand succès en ligne au Kazakhstan, les deux hommes disent avoir été passés à tabac par des policiers, ce qui les a décidés, assurent-ils, à fuir et à passer la frontière dans une zone inhabitée et non-surveillée.

En 2018, une Chinoise d'origine kazakhe avait déjà été jugée pour être entrée illégalement dans ce pays d'Asie centrale et avait déclaré au cours d'un procès retentissant avoir été forcée de travailler en Chine dans un «camp de rééducation», où se trouvaient près de 2500 personnes d'ethnie kazakhe. Cette affaire avait fait grand bruit au Kazakhstan, si bien que les autorités de ce pays avaient décidé de ne pas expulser Saïragoul Saouïtbaï vers la Chine. Elle n'y a cependant pas obtenu le droit d'asile et a depuis trouvé refuge en Suède.

AFP


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