Téhéran et Washington ont un mois pour engager le dialogue, estime Paris

  02 Octobre 2019    Lu: 431
  Téhéran et Washington ont un mois pour engager le dialogue, estime Paris

Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian a estimé ce mercredi qu'il restait une fenêtre d'un mois, jusqu'au 6 novembre, pour l'ouverture de discussions entre les États-Unis et l'Iran sur le programme nucléaire iranien et la sécurité au Moyen-Orient.

Le président français Emmanuel Macron a tenté en vain d'aboutir à une rencontre de ses homologues américain Donald Trump et iranien Hassan Rohani lors de l'Assemblée générale des Nations unies les 23 et 24 septembre à New York. «Nous considérons que ces initiatives qui n'ont pas pu aboutir pour l'instant sont toujours sur la table», a déclaré le chef de la diplomatie française devant la Commission des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale. «Il appartient désormais et à l'Iran et aux États-Unis de s'en saisir dans un temps relativement contraint puisque l'Iran a annoncé de nouvelles mesures de réduction de ses obligations de l'accord de Vienne en début novembre et ces mesures-là risquent d'aboutir à une nouvelle période de tensions et à une nouvelle escalade», a ajouté Jean-Yves Le Drian. Il faut «profiter de l'espace politique qui existe pour essayer d'avancer», a-t-il insisté.

Téhéran et Washington sont à couteaux tirés depuis le retrait unilatéral des États-Unis de l'accord de Vienne encadrant le programme nucléaire iranien en mai 2018, suivi du rétablissement de lourdes sanctions économiques contre l'Iran. Depuis mai, l'Iran a arrêté d'appliquer certains de ses engagements pris à Vienne afin de forcer les Européens à l'aider à contourner les sanctions américaines, et notamment à exporter son pétrole. Téhéran a annoncé qu'il réduirait un peu plus ses engagements le 6 novembre si les efforts des Européens ne portent aucun fruit.

Hassan Rohani a assuré mercredi que l'Iran reste «ouvert» à la négociation après l'échec de la tentative française à New York. «De mon point de vue, le chemin (du dialogue) reste ouvert», a-t-il déclaré en conseil des ministres. Une rencontre des dirigeants américain et iranien est évoquée depuis le sommet du G7 fin août à Biarritz. Elle semblait toutefois plus improbable depuis l'attaque de deux installations pétrolières saoudiennes le 14 septembre, attribuée par Ryad et Washington à l'Iran, ce que dément Téhéran. Berlin, Paris et Londres lui ont aussi imputé la «responsabilité» des attaques, s'attirant une vive réaction du guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, qui a dénoncé leur «hostilité» vis-à-vis de «la nation iranienne». «Nous considérons que la responsabilité de l'Iran dans les attaques qui ont été menées contre l'Arabie saoudite est extrêmement plausible. En tout cas, il n'y a pas d'autre explication plausible», a réitéré Jean-Yves Le Drian devant les députés.

AFP


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