Indonésie: le bilan des violences monte à 32 morts en Papouasie

  25 Septembre 2019    Lu: 378
 Indonésie:  le bilan des violences monte à 32 morts en Papouasie

Le bilan des violences qui ont éclaté cette semaine en Papouasie a été relevé de 30 à 32 morts par la police ce mercredi, après les émeutes les plus sanglantes dans la province d'Indonésie depuis des années.

«La plupart des victimes sont mortes de blessures à l'arme blanche, de coups ou de graves brûlures», a indiqué le porte-parole de la police de Papouasie, Ahmad Mustofa Kama. «La situation à Wamena», ville du centre de la province où ont été recensées la majorité des victimes, «est maintenant sous contrôle», a-t-il déclaré.

La police a compté 28 morts à Wamena, où des centaines de jeunes ont protesté lundi contre un incident raciste présumé et où plusieurs bâtiments publics et privés ont été mis à feu. De nombreuses victimes sont mortes dans les flammes et 66 personnes ont été blessées. Dans la capitale provinciale Jayapura, un soldat est mort par arme blanche et trois civils ont succombé à des blessures infligées par des balles en caoutchouc, après des affrontements. Mardi soir, le siège du district de Yalimo, près de Wamena, a aussi été incendié, a indiqué la police. Fuyant les violences, des milliers d'habitants, dont de nombreuses femmes et enfants, se sont repliés dans divers refuges.

La Papouasie, partie occidentale de l'île de Nouvelle-Guinée, est agitée depuis plus d'un mois par des manifestations et des émeutes déclenchés par des incidents racistes contre la population autochtone mélanésienne et un ressentiment contre les forces de l'ordre et les Indonésiens venus d'autres îles de l'archipel. Ce mouvement a aussi relancé les appels à l'indépendance. Les troubles à Wamena cette semaine ont commencé quand des centaines de lycéens et d'étudiants se sont rassemblés pour protester contre des propos racistes attribués à un enseignant sur les réseaux sociaux. La police a démenti ces propos racistes, parlant d'une «infox».

Le Mouvement uni pour la libération de la Papouasie occidentale, qui regroupe plusieurs organisations séparatistes, a dénoncé un «massacre», affirmant que 17 lycéens avaient été tués par balle par les forces de l'ordre à Wamena. Les bilans avancés par l'armée et les séparatistes divergent, comme souvent en Papouasie, et ne peuvent être vérifiés indépendamment. Le leader en exil de cette organisation, Benny Wenda, a réclamé une visite en urgence de la Haut-commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme Michelle Bachelet dans la région. La Papouasie connaît une rébellion indépendantiste sporadique contre le gouvernement indonésien qui a pris le contrôle de cette région riche en ressources naturelles dans les années 1960, après la colonisation néerlandaise. La partie orientale de l'île est occupée par la Papouasie-Nouvelle-Guinée, Etat indépendant depuis 1975. (AFP)


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