Nucléaire : l'Iran dénonce des tentatives de pression sur l'AIEA

  11 Septembre 2019    Lu: 244
    Nucléaire :   l

L'Iran a dénoncé ce mercredi des «tentatives de pression» américaines et israéliennes sur l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) chargée de contrôler son programme nucléaire et averti que cette démarche pourrait être «contre-productive» pour la suite de sa coopération avec le gendarme du nucléaire.

L'ambassadeur iranien auprès de l'AIEA Kazem Gharib Abadi a estimé que les récentes accusations portées contre l'Iran par des responsables américains et par le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou étaient la manifestation d'un «complot américano-israélien» visant à faire pression sur l'agence et son travail d'inspection en Iran. En marge d'une réunion du Conseil des gouverneurs de l'AIEA à Vienne, Kazem Gharib Abadi a averti que toute tentative de «mettre l'agence sous pression serait contre-productive, à la fois pour l'intégrité et la crédibilité de l'agence et pour (...) la coopération constructive, rapide et proactive de l'Iran avec l'agence». «L'Iran aura ses propres réactions à ces pressions», a-t-il ajouté, sans plus de détails.

Lundi, l'AIEA a appelé l'Iran à «répondre promptement» aux demandes d'information de l'agence sur son programme nucléaire et ce message a donné lieu à diverses interprétations. Bien que l'agence elle-même n'ait pas qualifié d'insuffisante la coopération de l'Iran, les Etats-Unis ont déploré le «manque de coopération totale du régime iranien», assurant que «des questions» se posaient «sur d'éventuelles activités nucléaires non déclarées» en Iran. Lundi, Benyamin Nétanyahou avait affirmé que l'Iran, ennemi juré d'Israël, avait clandestinement construit puis détruit un site visant à la fabrication d'armes nucléaires. Selon Kazem Gharib Abadi, le message de l'AIEA n'est «pas un sujet nouveau». «L'agence encourage toujours les pays à accélérer le processus de coopération», a-t-il observé.

Les tensions entre les Etats-Unis et l'Iran sont exacerbées depuis le retrait unilatéral de Washington en mai 2018 de l'accord international, signé trois ans auparavant, qui visait à empêcher la République islamique de se doter de l'arme nucléaire. Téhéran a répliqué en s'affranchissant progressivement de certains engagements de l'accord. Une troisième étape de réduction des obligations listées dans le texte a été franchie ce week-end par l'Iran qui a commencé l'installation de centrifugeuses avancées. Interrogé sur la quantité d'uranium que l'Iran avait l'intention de produire avec cette nouvelle capacité technologique, l'ambassadeur iranien auprès de l'AIEA a répondu que le pays en produirait «selon ses besoins».

AFP


Tags: nucléaire   Iran   AIEA