Brexit : Boris Johnson ne veut pas demander de nouveau délai à Bruxelles

  07 Septembre 2019    Lu: 770
  Brexit :   Boris Johnson ne veut pas demander de nouveau délai à Bruxelles

Le bras de fer politique et légal continue outre-Manche entre le premier ministre «brexiter» Boris Johnson et ses opposants, qui ont passé cette semaine à la Chambre des communes puis à la Chambre des Lords une loi «anti-no deal» qui force en principe le dirigeant britannique à demander un report à Bruxelles s'il n'obtient pas de nouvel accord.

Mais, ce samedi, en visite en Ecosse, «BoJo» a tenu un tout autre discours, rapporté par le quotidien The Telegraph : «La loi [anti-no deal, NDLR] signifie en théorie que le gouvernement du Royaume-Uni est obligé d'écrire une lettre à Bruxelles pour lui demander un délai inutile. Je ne crois pas que ce soit ce que le peuple veut». L'expression «en théorie» a fait vivement réagir l'opposition travailliste. Et ce d'autant que Boris Johnson a ajouté par la suite en réponse à la question d'un journaliste l'interrogeant sur le fait qu'il demanderait, ou non, un délai à Bruxelles : «Je ne le ferai pas. Je ne veux pas d'un délai».

Un député conservateur frondeur, Dominic Grieve, par ailleurs ancien procureur général du pays, a vivement réagi à ces propos sur Sky News, déclarant que Boris Johnson était un «enfant gâté faisant une crise de colère» et qu'«il irait en prison» s'il refusait de demander un report.

Des élections anticipées ?

Boris Johnson, qui estime que le Parlement fait obstruction à la décision du peuple britannique exprimée lors du référendum de juin 2016, a qualifié ce texte «anti-no deal» passé par l'opposition de «loi de capitulation» face à Bruxelles. Pour le premier ministre britannique, c'est précisément la menace d'un «no deal» qui aurait pu pousser Bruxelles à négocier davantage. Mais l'opposition estime au contraire que «BoJo» ne cherche pas vraiment à négocier un nouvel accord mais attend le 31 octobre pour imposer un «no deal».

Pour sortir de cette impasse, Boris Johnson a proposé d'organiser des élections anticipées, ce que refuse l'opposition qui craint que le dirigeant britannique en profite pour faire passer un «no deal» en douce. D'après les sondages, une majorité de Britanniques sont favorables à ce qu'un Brexit intervienne coûte que coûte le 31 octobre, c'est-à-dire si nécessaire sans accord, tandis qu'en cas d'élections, le parti conservateur arriverait en tête, devant le Labour et les Libéraux démocrates.

Le Figaro


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