Rep. tchèque: les sociaux-démocrates cèdent, le spectre de la crise s'éloigne

  20 Août 2019    Lu: 196
Rep. tchèque: les sociaux-démocrates cèdent, le spectre de la crise s

Les sociaux-démocrates tchèques (CSSD) ont annoncé avoir retiré leur candidat au poste de ministre de la Culture, à l'origine d'une crise qui envenime depuis la mi-mai la vie politique du pays suite au refus du président Milos Zeman de procéder à sa nomination.

Le CSSD, qui réclamait la nomination à ce poste de Michal Smarda, un de ses responsables, avait à plusieurs reprises menacé ces dernières semaines de quitter la coalition formée avec le mouvement populiste ANO du premier ministre Andrej Babis. Ceci risquait de conduire à la chute du gouvernement d'Andrej Babis, déjà sous pression après des manifestations massives réclamant sa démission.

Le président Zeman est ouvertement critique à l'égard de Michal Smarda, maire de Nové Mesto na Morave, une ville de 10.000 habitants située à 150 kilomètres au sud-est de Prague, et a remis en question ses compétences pour ces fonctions ministérielles. Andrej Babis, lui, a fini par partager l'opinion du chef de l'Etat.

«Je ne veux pas être membre du gouvernement dans les conditions actuelles»
«Naturellement, je ne veux pas être membre du gouvernement d'Andrej Babis dans les conditions actuelles. Cela n'a aucun sens», a déclaré lundi tard dans la soirée Michal Smarda, vice-président du CSSD, à la télévision publique. «Je respecte la décision de Michal Smarda de renoncer à sa candidature et je la comprends du point de vue humain, bien qu'elle m'afflige», a de son côté réagi sur Twitter le chef du parti, Jan Hamacek. En vertu de la Constitution, c'est au chef de l'Etat qu'il revient de nommer ou de renvoyer les ministres, mais la loi fondamentale ne lui fixe aucun délai pour le faire.

Fondateur du géant de l'agroalimentaire Agrofert et milliardaire, Andrej Babis a été inculpé l'an dernier pour le détournement de deux millions d'euros de fonds européens. Il est aussi confronté aux accusations, qu'il rejette également, de conflit d'intérêts en raison de sa double casquette d'homme politique et d'entrepreneur.

Le 23 juin, plus de 250.000 personnes se sont rassemblées dans la capitale pour exiger sa démission, la plus grande manifestation depuis la chute du communisme dans ce pays, en 1989. Une nouvelle manifestation anti-Babis est attendue à Prague mercredi. Malgré ces controverses, le mouvement ANO du Premier ministre se trouve toujours en tête des intentions de vote, selon différents sondages d'opinion.

AFP


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