Yémen: les séparatistes annoncent avoir pris le contrôle du palais présidentiel à Aden

  11 Août 2019    Lu: 776
    Yémen:   les séparatistes annoncent avoir pris le contrôle du palais présidentiel à Aden

Des combattants séparatistes yéménites ont annoncé samedi avoir pris le contrôle du palais présidentiel à Aden, la grande ville du Sud, capitale «provisoire» du gouvernement du président Abd Rabbo Mansour Hadi en exil à Ryad, après quatre jours de combats contre les loyalistes.

«Nous avons pris le contrôle du palais Maachik (qui était aux mains) des gardes présidentiels sans aucun affrontement», a indiqué à l'AFP un responsable du «Cordon de sécurité», une force militaire des séparatistes partisans d'un Yémen du Sud indépendant, ce qu'ont confirmé des témoins. S'il s'agit d'une prise surtout symbolique -le président Abd Rabbo Mansour Hadi se trouve en Arabie Saoudite-, elle n'en marque pas moins un tournant dans les affrontements qui secouent Aden depuis mercredi.

Selon des sources militaire et sécuritaire, des combattants séparatistes s'étaient déjà emparés plus tôt dans la journée de trois casernes des forces gouvernementales à Aden, où le pouvoir loyaliste a établi son siège, depuis que la capitale historique du pays, Sanaa, dans le nord, est aux mains des rebelles Houthis. Depuis mercredi, des affrontements opposent ces combattants séparatistes aux soldats du gouvernement, et cela alors que tous sont, en théorie, alliés depuis 2015 au sein d'une coalition emmenée par le pouvoir saoudien à Ryad et le gouvernement émirati d'Abou Dhabi. Cette coalition arabo-sunnite hétéroclite lutte dans le nord du pays contre les rebelles chiites Houthis, soutenus par l'Iran.

Une «Guerre civile dans la guerre civile»

Les combats à Aden entre éléments séparatistes du «Cordon de sécurité», soutenus par les Emirats arabes unis, et troupes du gouvernement, ont fait au moins 18 morts -combattants et civils-, selon des médecins et des sources de sécurité. Selon l'organisation Médecins sans frontières (MSF), plus de 75 personnes blessées ont été soignées dans un hôpital relevant de cette ONG depuis vendredi.

Les affrontements à Aden rendent un peu plus inextricable encore la situation d'un pays où des dizaines de milliers de personnes, dont de nombreux civils, ont déjà trouvé la mort à la suite de la guerre civile, selon diverses organisations humanitaires. Environ 3,3 millions de personnes sont toujours déplacées et 24,1 millions, soit plus des deux tiers de la population, ont besoin d'assistance, selon l'ONU. La coalition dirigée par les Saoudiens combattant au Yémen a appelé samedi à un cessez-le-feu «immédiat» à Aden et à une «réunion d'urgence» des parties en conflit dans cette ville.

Le Yémen du sud était un Etat indépendant jusqu'en 1990. Dans le sud, le ressentiment est fort contre les Yéménites originaires du Nord accusés d'avoir imposé par la force l'unification du pays. A cette hostilité Nord-Sud s'ajoute désormais le conflit au sein de la coalition hétéroclite formée au départ pour défendre le gouvernement. Le Yémen est à présent confronté au risque d'une «guerre civile dans la guerre civile» ravageant déjà le pays, a estimé dans un rapport le centre de réflexion sur les conflits International Crisis Group (ICG). (AFP)


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