Brésil : 4 détenus morts lors de transport après le massacre d'Altamira

  31 Juillet 2019    Lu: 627
Brésil : 4 détenus morts lors de transport après le massacre d

Quatre détenus ayant pris part à l'un des pires massacres de l'histoire des prisons brésiliennes ont été retrouvés morts «par asphyxie» mercredi dans un camion qui les amenait vers un autre établissement, portant à 62 le nombre total de décès, ont annoncé les autorités locales.

Ces hommes faisaient partie des 46 prisonniers qui ont commencé à être transférés mardi, au lendemain de la rixe entre factions rivales de narcotrafiquants qui avait fait 58 morts, dont 16 sauvagement décapités. Ce bain de sang sans précédent dans l'Etat du Para (nord) s'est produit dans une prison insalubre et surpeuplée d'Altamira, localité située au cœur de la forêt amazonienne.

Mardi soir, 30 détenus de cette prison impliqués dans les affrontements ont été menottés et réparties dans quatre compartiments à l'intérieur d'un camion qui devait les amener à Belem, la capitale du Para, à plus de 800 km de là. Les gardiens ont découvert les quatre cadavres mercredi vers 1h00 du matin (6h00 en France), durant une étape dans la ville de Maraba, à environ 500 km d'Altamira. «Les agents ont retrouvé quatre détenus morts par asphyxie dans deux des compartiments» des fourgons, a expliqué le secrétariat à la Sécurité de l'Etat du Para dans un communiqué, sans fournir de détail sur la circonstance des décès.

Mercredi, le président brésilien Jair Bolsonaro s'est exprimé pour la première fois au sujet du massacre d'Altamira. «J'ai assisté aux scènes d'horreur dans la prison du Para, mais j'ai aussi vu les scènes macabres provoquées (avant leur entrée en prison) par ceux qui sont morts (durant la mutinerie) et qui visaient des personnes humbles et sans défense», a écrit le chef d'Etat sur Twitter. «En dehors des prisons, c'est aussi la guerre, et pratiquement un seul camp est armé», a ajouté le dirigeant d'extrême droite.

Fin mai, 55 détenus ont été tués en deux jours lors d'affrontements dans plusieurs prisons de l'Etat d'Amazonie, également dans le nord du pays. Des massacres attribués par les autorités aux affrontements entre factions rivales de narcotrafiquants, pour qui le nord du Brésil est une zone stratégique du transport de cocaïne en provenance de pays producteurs voisins comme la Colombie, le Pérou ou la Bolivie. Avec plus de 726.000 détenus recensés en 2017, selon les derniers chiffres officiels, le Brésil compte la troisième population carcérale du monde, souvent secouée par des drames.

AFP


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