Taïwan: un populiste pro-Pékin remporte la primaire pour la présidentielle

  15 Juillet 2019    Lu: 537
Taïwan: un populiste pro-Pékin remporte la primaire pour la présidentielle

Un maire populiste favorable au rapprochement avec la Chine a été désigné comme le candidat de l'opposition taïwanaise à la succession de la présidente Tsai Ing-wen lors de l'élection de janvier 2020.

Han Kuo-yu, 62 ans, a remporté la primaire organisée par le parti d'opposition Kuomintang (KMT), loin devant l'homme le plus riche de Taïwan, le milliardaire et fondateur du géant technologique Foxconn Terry Gou.

La question délicate des relations entre l'île et la Chine devrait figurer en tête des sujets de la campagne présidentielle. Han Kuo-yu réalise une ascension météorique sur la scène politique locale. Relativement inconnu il y a deux ans, le désormais candidat présidentiel a été porté par un phénomène surnommé «la marée Han».

Certains le comparent au président américain Donald Trump et à d'autres chefs d'Etat populistes non originaires de l'establishment. Il a remporté 45% des votes à la primaire, en fait un sondage réalisé par téléphone auprès de Taïwanais disposant d'une ligne fixe, contre 28% pour Terry Gou, énorme revers pour cet entrepreneur qui avait cédé récemment les commandes de Foxconn pour se consacrer à la présidentielle.

Han Kuo-yu s'est fait connaître à Taïwan en remportant la mairie de Kaohsiung l'année dernière lors d'élections locales pour lesquelles il était donné perdant, la localité étant un fief historique du Parti progressiste démocratique de la présidente Tsai. Durant la campagne pour les primaires, il s'est attiré des foules enthousiastes en promettant de relancer l'économie et de réchauffer les relations avec Pékin.

Celles-ci sont glaciales depuis l'arrivée de Tsai Ing-wen à la présidence en 2016. La présidente comme le PPD refusent de reconnaître le principe selon lequel Taïwan fait partie d'une «Chine unique». Pékin a coupé les communications officielles avec Taipei, renforcé ses exercices militaires, durci les pressions économiques sur l'île et lui a arraché plusieurs de ses rares alliés diplomatiques. L'île vit sa propre destinée depuis 1949, quand les nationalistes du KMT avaient fui la Chine continentale après leur défaite face aux troupes communistes de Mao Tsé Toung.

Pékin la considère toujours comme partie intégrante de son territoire pouvant être reprise par la force le cas échéant. Tsai Ing-wen décrit le scrutin de 2020 comme un combat pour «la liberté et la démocratie», se présentant comme un rempart contre l'agressivité de Pékin. Les partisans de Han Kuo-yu le voient comme un franc-tireur, un outsider dont ils admirent le franc-parler et qui a réussi à secouer la morne vie politique du KMT.

AFP


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