Kosovo : des tombes orthodoxes vandalisées, Belgrade dénonce «l'idéologie de la haine»

  15 Juillet 2019    Lu: 556
Kosovo : des tombes orthodoxes vandalisées, Belgrade dénonce «l

Plusieurs tombes d'un cimetière serbe orthodoxe au Kosovo ont été vandalisées, a indiqué dimanche la police kosovare, un nouvel indicent s'ajoutant aux tentions entre Belgrade et Pristina, dont le dialogue sous l'égide de Bruxelles est rompu depuis des mois.

«Plusieurs pierres tombales d'un cimetière orthodoxe à Lipljan ont été endommagées par des inconnus», lit-on dans un communiqué de la police kosovare, qui ajoute qu'une enquête était engagée. Il s'agit d'une localité du centre du Kosovo où vit une petite communauté serbe, aux côtés des Albanais qui y sont majoritaires.

Selon des responsables serbes au Kosovo, cités par la presse, plus de vingt tombes ont été vandalisées dans la nuit de vendredi à samedi. Sur des photos publiées par le site d'information Kossev, on voit des pierres tombales et des croix renversés.

L'incident a provoqué la colère de Belgrade. «La destruction de plus de vingt pierres tombales (...) montre que l'idéologie de la haine est omniprésente chez les séparatistes», lit-on dans un communiqué d'un bureau du gouvernement serbe chargé du Kosovo.

L'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) a également dénoncé la «profanation des pierres tombales» et exhorté les dirigeants locaux «à agir contre ce type d'actes».

Des tombes de ce cimetière ont déjà été vandalisées, la dernière fois en décembre 2018. La communauté serbe au Kosovo affirme que ses cimetières sont régulièrement visés par des vandales.

Quelque 120.000 Serbes vivent au Kosovo, peuplé de 1,8 million d'habitants, dont 90% d'Albanais. Environ 40.000 sont installés dans le secteur de la ville divisée de Mitrovica, dans le nord, et 80.000 dans des poches, plus au sud, entourées de zones d'habitation kosovares albanaises.

Les tensions se sont accrues entre Belgrade et Pristina avec l'application par le Kosovo depuis la fin 2018 de droits de douanes de 100% sur les produits serbes.

Soutenue par Moscou, la Serbie ne reconnaît pas l'indépendance de son ancienne province de Kosovo, proclamée en 2008 par la majorité albanaise. Cette indépendance a été reconnue à ce jour par plus de 110 pays, dont la plupart des pays occidentaux, mais pas par la Russie et la Chine.

Le Kosovo fait de sa reconnaissance par Belgrade une condition à toute normalisation de leurs relations. Belgrade, de son côté, refuse toute reprise du dialogue, mené sous l'égide de l'Union européenne, jusqu'à la suppression de cette taxe.

AFP


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