La Papouasie demande à l'Australie une révision de l'accord sur la gestion des réfugiés

  25 Juin 2019    Lu: 272
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Canberra doit revoir complètement le contrat faramineux conclu pour la prise en charge en Papouasie-Nouvelle-Guinée des demandeurs d'asile refoulés par l'Australie, a exigé ce mardi le Premier ministre papouasien qui demande dans le cas contraire la résiliation de l'accord.

«Je vais demander au gouvernement australien de cesser immédiatement ce contrat», a déclaré James Marape, qui a pris les rênes du gouvernement papouasien fin mai. Il a estimé que cet accord devait «être totalement revu, ou alors nous demanderons sa résiliation».

Ce contrat de 420 millions de dollars australiens (257 millions d'euros) avait été confié à la compagnie Paladin Holdings, pour assurer la sécurité et d'autres services dans les trois «centres de transition» pour migrants de l'île de Manus, située dans l'océan Pacifique, dans le nord de la Papouasie. Peu connue, faiblement capitalisée et sans grande expérience dans son domaine, Paladin est liée à un influent homme politique de Papouasie-Nouvelle-Guinée. En avril, le contrôleur général australien Grant Hehir a ouvert une enquête sur les conditions dans lesquelles le contrat de l'île de Manus lui a été attribué. James Marape a estimé que le contrat devait impliquer les entreprises locales. Le ministre papouasien de l'Immigration, Petrus Thomas, avait déjà signalé la semaine dernière l'intention de son pays de «rompre le contrat avec Paladin d'ici la fin du mois» et de lancer un «processus d'appel d'offres transparent» privilégiant les entreprises locales.

L'Australie mène depuis 2013 une politique très dure, critiquée par l'ONU, envers les migrants et réfugiés. Elle n'accepte aucun boat people sur son sol, même ceux qui remplissent les critères du droit d'asile. Les réfugiés qui ne sont pas directement refoulés en mer sont envoyés dans des camps sur des îles du Pacifique avec interdiction de s'installer en Australie. De 2013 à 2017, l'Australie a géré ces camps de rétention. Mais après l'arrêt de la Cour suprême papouasienne qui a jugé ces arrangements anticonstitutionnels, elle a dû remettre ces camps aux autorités locales et transmettre leur gestion à Paladin. Un demi-millier de demandeurs d'asile demeurent sur Manus, et ce au moins depuis cinq ans.

Les autorités et des associations de défense ont fait état d'une hausse des tentatives de suicide à Manus après la victoire surprise en mai de la coalition conservatrice australienne à l'origine de cette politique. Et on ne compte plus le nombre de témoignages sur le désespoir de demandeurs d'asile privés de perspectives.

AFP


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