Des milliers de personnes participent à la Gay Pride de Jérusalem

  06 Juin 2019    Lu: 541
Des milliers de personnes participent à la Gay Pride de Jérusalem

Des milliers de personnes ont marché joyeusement pour les droits des homosexuels et la tolérance jeudi dans le centre de la très religieuse Jérusalem, placée sous haute surveillance policière après le meurtre d'une adolescente en 2015.

Environ 10.000 personnes ont pris part à la 18e édition de la Gay Pride (Marche des fiertés) de Jérusalem, a dit un porte-parole de la police, Micky Rosenfeld.

La manifestation sous les ballons, les drapeaux aux couleurs de l'arc-en-ciel et au son de musiques festives s'est déroulée sans incident. 

Dix-sept personnes soupçonnées de vouloir troubler la marche ont été interpellées, a dit la police sans plus de précision.

Quelque 2.500 policiers en uniforme ou en civil avaient été mobilisés pour la circonstance.

Dov Morell, 25 ans, s'est mêlé à la foule colorée avec son bébé dans une poussette. L'homme, coiffé d'une kippa sur la tête, arbore une pancarte sur laquelle est écrit: "Messieurs les rabbins, l'homophobie tue".

"Je suis venu montrer que les personnes religieuses soutiennent les victimes de meurtre", dit-il.

Depuis 2015, les Gay Prides de Jérusalem restent marquées par le souvenir de Shira Banki. Le 30 juillet 2015, cette adolescente avait été poignardée par Yishaï Shlissel, un juif ultra-orthodoxe, c'est-à-dire observant rigoureux de la loi juive. Elle avait succombé à ses blessures quelques jours plus tard. Six autres personnes avaient été blessées.

- Opposition des ultra-orthodoxes -

Le meurtrier avait été libéré de prison quelques semaines avant son meurtre, après avoir purgé une peine pour avoir déjà blessé trois personnes lors de la Gay Pride de 2005. Il a été condamné depuis à la prison à vie.

Originaire de Jérusalem, Israel Lumbroso, 28 ans, raconte avoir fait son coming-out il y a un an et demi. "Je n'ai plus honte de mon identité sexuelle. Je ne me cache plus. Il est important de venir, spécialement à Jérusalem", où l'homophobie est répandue, dit-il.

La mairie avait accroché des bannières arc-en-ciel tout le long du parcours. Le grand rabbin de Jérusalem, Ari Stern, avait demandé sans succès au maire de les retirer afin de "ne pas heurter les sentiments d'une partie de la population".

En revanche, la municipalité a fait enlever des affiches qui avaient été placardées en début de semaine contre la Gay Pride avec la mention "Papa et maman = famille. Le courage d'être normal".

Le cortège est resté à Jérusalem-Ouest, partie juive de la ville, sans passer par l'Est, majoritairement palestinien et annexé par Israël, annexion non-reconnue par la communauté internationale. 

Israël est considéré comme un pays très avancé au Moyen-Orient en termes de droits des gays et lesbiennes. 

A Jérusalem, sainte pour les juifs, les musulmans et les chrétiens, la communauté homosexuelle a toutefois plus de mal à être acceptée qu'à Tel-Aviv. 

L'homosexualité demeure un tabou dans les milieux juifs religieux, partenaires politiques de l'actuel Premier ministre Benjamin Netanyahu. 

Mercredi, pour la première fois de l'histoire d'Israël, M. Netanyahu a nommé au poste de ministre de la Justice un député de son parti ouvertement homosexuel.

Aux yeux des analystes, cette nomination semble cependant davantage motivée par les positions politiques du parlementaire, notamment son soutien à un texte qui reviendrait à protéger le Premier ministre, menacé d'inculpation pour corruption, des poursuites judiciaires.

AFP


Tags: Jérusalem