L'Etat islamique affirme participer à l'insurrection au Mozambique

  05 Juin 2019    Lu: 219
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Le groupe de l'Etat islamique (EI) a affirmé pour la première fois être impliqué dans des combats récents avec l'armée mozambicaine dans le nord du pays, en proie à une insurrection islamiste depuis fin 2017, selon le SITE Intelligence Group spécialisé dans la surveillance des sites internet islamistes.

«Les soldats du Califat ont pu repousser une attaque de l'armée mozambicaine des croisés dans le village de Metubi», dans le nord du Mozambique lundi, a affirmé l'EI dans un communiqué traduit par SITE mardi soir.

«Ils les ont affrontés avec une variété d'armes, tuant et blessant un certain nombre d'entre eux (....). Les moujahidines ont saisi des armes, des munitions et des roquettes comme butin», a-t-il ajouté. Le gouvernement et l'armée mozambicaines, qui ne communiquent généralement pas sur les attaques qui ensanglantent le nord du pays depuis un an et demi, n'ont pas démenti ou confirmé ces affrontements. Mais un expert interrogé par l'AFP a immédiatement mis en garde contre le risque de propagande. «L'Etat islamique n'est pas au Mozambique, c'est simplement de la propagande, mais ils ont peut-être des liens au Mozambique», a-t-il déclaré sous couvert d'anonymat.

Dans son communiqué, l'EI affirme que le village de Metubi où se seraient produits les affrontements se situe dans la région de Mocimboa. Or, comme l'a relevé l'expert interrogé par l'AFP, Metubi se trouve très éloigné de cette région, dans le district de Quissanga, à une centaine de kilomètres de Mocimboa. Le communiqué de l'EI a été publié mardi, jour de l'Aïd, marquant la fin du mois du jeûne musulman du ramadan, a-t-il également noté.

«Au moment où ils ont perdu leur Etat, leur armée, leur administration, l'EI essaie de montrer qu'il a des liens avec des groupes d'un peu partout dans le monde. Ils ont toujours un site internet et ils essaient de dire "On n'existe plus, mais maintenant on est partout". Mais dans le fond, c'est purement de la propagande», a ajouté l'expert. Depuis fin 2017, le nord du Mozambique, à majorité musulmane et riche en gaz, est le théâtre d'une vague de violences attribuées à des radicaux qui prônent une application stricte de la loi islamique.

Ces violences ont fait au moins 200 morts, détruit de nombreux villages et contraint des milliers de personnes à l'exode. La semaine dernière, 16 personnes ont été tuées, selon des sources locales, dans une embuscade tendue par des islamistes, l'attaque la plus meurtrière jamais commise par ce groupe surnommé par la population «al-shabab», «les jeunes» en arabe. Un an et demi après leurs premières opérations, l'identité et les motivations de ces islamistes, qui n'ont jamais revendiqué leurs actes, restent une énigme. Le président mozambicain Filipe Nyusi a déployé d'importants renforts de l'armée et de la police dans la région et promis de mettre ce groupe hors d'état de nuire, sans y parvenir jusque-là.

Le Figaro


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