Tensions dans le Golfe : L’Allemagne et les Pays-Bas suspendent la formation des soldats irakiens

  15 Mai 2019    Lu: 248
 Tensions dans le Golfe : L’Allemagne et les Pays-Bas suspendent la formation des soldats irakiens

Depuis le début du mois, les États-Unis justifient l’envoi de moyens militaires au Moyen-Orient en mettant en avant une menace de l’Iran [et des milices qui sont inféodées] susceptible de viser leurs forces et leurs intérêts dans la région.

La semaine passée, leur chef de la diplomatie, Mike Pompeo, s’est rendu à Bagdad pour évoquer avec les autorités irakiennes, selon l’AFP, des informations selon lesquelles des milices chiites pro-iraniennes auraient déployé des lance-roquettes dans les environs de bases où sont installés des militaires américains.

« Le message des Américains était clair. Ils voulaient des garanties que l’Irak empêcherait ces groupes de menacer les intérêts américains. Ils nous ont dit que si les forces américaines sont attaquées sur le sol irakien, ils se défendront sans se coordonner avec Bagdad », a expliqué un haut responsable militaire irakien.

Et comme il vaut mieux prévenir que guérir, ce 15 mai, le département d’État a ordonné au personnel diplomatique américain « non-essentiel » de quitter l’ambassade de Bagdad ainsi que le consulat d’Erbil. « Les services habituels de visa dans les deux postes sont temporairement suspendus », a-t-il en effet indiqué.

« Le gouvernement américain a une capacité limitée pour fournir des services d’urgence aux citoyens américains en Irak », a-t-il ajouté, précisant à l’intention des voyageurs que « de nombreux groupes terroristes et rebelles sont actifs en Irak et attaquent régulièrement les forces de sécurité irakiennes comme les civils » et que « Des milices confessionnelles anti-américaines peuvent également menacer les citoyens américains et les compagnies occidentales » sur tout le territoire irakien.

En septembre, les États-Unis fermé leur consulat à Bassorah en invoquant des « menaces » iraniennes après des manifestations ayant eu lieu dans cette ville située dans le sud du pays.

En outre, les troupes américaines déployées en Irak ont été placées en état d’alerte avancée en raison de « possibles menaces imminentes ».

« La mission américaine est désormais en état d’alerte avancée, au moment où nous surveillons de près des menaces crédibles et potentiellement imminentes contre les forces américaines en Irak », a ainsi déclaré un porte-parole de l’US CENTCOM.

Mais les autorités américaines ne sont pas les seules à prendre leurs précautions. Ainsi, celles des Pays-Bas ont indiqué, ce 15 mai et sans mentionner l’Iran, que les soldats néerlandais actuellement déployés en Irak dans le cadre d’une mission de formation menée au bénéfice des forces irakiennes ne sont « plus autorisés à quitter leur base en raison de menaces ».

Les militaires néerlandais sont essentiellement présents dans le nord de l’Irak, où ils entraînent des membres des forces armées kurdes [Peshmerga]. Un autre détachement est à Bagdad, pour y former les commandos irakiens.

Peu avant, l’Allemagne avait annoncé avoir décidé une mesure similaire pour les 160 militaires de la Bundeswehr déployés en Irak. Dans le détails, 60 ont été affectés au complexe de Taji, au nord de Bagdad et 100 autres se trouvent en zone kurde.

« La Bundeswehr a suspendu ses activités de formation », a confirmé Jens Flosdorff, le porte-parole du ministère allemand de la Défense, avant d’évoquer une « vigilance accrue » dans le pays. Cela étant, il n’est pas exlu que les « exercices de formation puissent reprendre « dans les prochains jours », a-t-il ajouté. En réalité, tout dépendra d’une évalution de la menace qui sera faite chaque semaine.

Pour le moment, la France, qui est beaucoup plus impliquée que l’Allemagne et les Pays-Bas en Irak, via les Task Force Narvik et Monsabert, n’a pas pris de mesures du même ordre.

Justement, s’agissant des forces françaises au Levant [opération Chammal], la ministre des Armées, Florence Parly, a assuré qu’elles restent « engagées auprès forces irakiennes pour éviter toute résurgence » de l’État islamique [EI ou Daesh] « sous une forme ou une autre. » Et d’insister, alors qu’elle était entendue par les députés de la commission de la Défense : « Tout en maintenant ainsi une force militaire qui aidera les forces locales à stabiliser les territoires libérés, nous allons intensifier nos actions de formation à leur profit, afin que les Irakiens puissent s’approprier eux-mêmes leur sécurité. »

AFP


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