Le gouvernement algérien prêt au dialogue avec l'opposition

  13 Mars 2019    Lu: 477
Le gouvernement algérien prêt au dialogue avec l

Le gouvernement algérien est prêt à un dialogue avec l'opposition, a annoncé mercredi à la radio le nouveau vice-Premier ministre, Ramtane Lamamra.

"Le dialogue est notre devoir. Notre première priorité est de rassembler tous les Algériens", a-t-il dit.

Le général Ahmed Gaïd Salah, chef d'état-major des forces armées algériennes et vice-ministre de la Défense, a pour sa part assuré mercredi sur la chaîne Ennahar que l'Armée nationale populaire (ANP) garantirait "dans toutes les circonstances et toutes les conditions" la sécurité du pays.

Après trois semaines de contestation dans la rue, le président Abdelaziz Bouteflika, 82 ans, très affaibli par un AVC en 2013, a annoncé lundi soir qu'il ne briguerait pas un cinquième mandat et le scrutin présidentiel, qui devait avoir lieu le 18 avril, a été reporté à une date non précisée.

Une conférence nationale "inclusive et indépendante" sera également constituée pour débattre du "processus de transformation" de l'Algérie.

Un diplomate chevronné, Lakhdar Brahimi, ancien envoyé spécial de l'Onu sur la Syrie, doit présider cette entité chargée de faire des propositions sur l'avenir politique du pays.

"Les participants à cette conférence nationale comprendront principalement des jeunes gens et des femmes", a précisé Lamamra.

L'annonce du retrait de la candidature du président algérien a été saluée tard lundi soir dans les rues d'Alger.

Mais des milliers de manifestants sont redescendus dans les rues de plusieurs villes du pays pour exiger des réformes immédiates, craignant le maintien au pouvoir de la "vieille garde" qui pourrait selon eux manipuler et diviser l'opposition.

Dans une lettre intitulée "Ne les laissez pas voler votre victoire" que publie mercredi le quotidien El Watan, Djamila Bouhired, figure reconnue de la guerre d'indépendance (1954-1962), décrit comme un "coup d'Etat" le plan exposé dans le message adressé lundi soir à la nation par Bouteflika.

"TUTELLE NÉOCOLONIALE"

Elle y écrit notamment que les gouvernements algériens d'après l'indépendance sont restés assujettis à ce qu'elle décrit comme une "tutelle néocoloniale" de la France, un point, poursuit-elle, illustré par le soutien apporté par Emmanuel Macron à l'initiative du président algérien.

"Dernier signe révélateur de ces liens pervers de domination néocoloniale, le soutien du président français au coup d’Etat programmé de son homologue algérien est une agression contre le peuple algérien, contre ses aspirations à la liberté et à la dignité", poursuit Djamila Bouhired.

"Plus d'un demi-siècle après la victoire sur la domination coloniale et l’accession du pays à l’indépendance, le système politique installé par la force en 1962 tente de survivre par la ruse", écrit-elle aussi.

Invité mercredi matin sur France Inter, Kader Abderrahim, maître de conférences à Sciences Po, spécialiste du Maghreb et de l’islamisme, a livré son analyse de l'allocution du président algérien.

"Quand on lit la lettre attentivement, elle est très habile. Il dit 'je me retire', mais plus on avance dans la lecture plus on mesure qu'il s'agit en réalité d'une ruse, et qu'on louvoie, qu'on joue", dit-il.

"Il s'agit de prolonger le quatrième mandat ad vitam aeternam, les Algériens ont mis quelques heures à réaliser ce qui se passait et ont compris la manoeuvre", ajoute-t-il, parlant de "fausse sortie".

La pression exercée sur Abdelaziz Bouteflika par la rue ne faiblit pas.

Des enseignants se sont mis en grève mercredi et une manifestation de masse est prévue vendredi à Alger.

"Nous voulons déraciner le système", prévient Messaoud Meki, un étudiant de 25 ans.

Reuters


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