Irak: le président iranien reçu par le grand ayatollah Sistani

  13 Mars 2019    Lu: 408
  Irak:   le président iranien reçu par le grand ayatollah Sistani

Hassan Rohani a rencontré aujourd'hui le grand ayatollah Ali Sistani, plus haute autorité de la majorité des chiites d'Irak, une première pour un président iranien, l'influent dignitaire irakien ayant refusé de rencontrer son prédécesseur.

L'appel du grand ayatollah Sistani à combattre les djihadistes en 2014 en Irak avait donné naissance au Hachd al-Chaabi, des unités paramilitaires rassemblant des civils ayant pris les armes mais aussi et surtout des milices chiites financées et armées par l'Iran.

Depuis, ces forces ont été placées sous la coupe des troupes régulières et plusieurs de leurs anciens combattants pro-Iran sont entrés au Parlement. Le grand ayatollah Sistani, lui, passe pour refuser toute ingérence étrangère. L'Iran et l'Irak se sont livré une guerre meurtrière (1980-1988) mais leurs relations se sont largement développées à la chute de Saddam Hussein en 2003. Depuis, l'Iran, majoritairement chiite comme l'Irak, est devenu le deuxième partenaire commercial du pays pétrolier.

Il a notamment joué un rôle majeur face au groupe Etat islamique (EI), contre lequel les Etats-Unis, l'autre grand allié de l'Irak, combattaient également avec la Coalition internationale qui a apporté un appui aérien crucial. Le grand ayatollah Sistani --leader religieux de la plupart des chiites d'Irak et de certains chiites iraniens-- est à la tête de l'école religieuse de Najaf, ville sainte au sud de Bagdad, grande rivale de celle de Qom en Iran.

En 2013, le chef religieux octogénaire qui n'apparaît jamais en public et ne fait aucune déclaration, laissant ses deux représentants prononcer en son nom ses sermons hebdomadaires, avait refusé de rencontrer le président iranien de l'époque Mahmoud Ahmadinejad. Hassan Rohani plaide depuis le début de ses rencontres lundi avec les dirigeants irakiens, à Bagdad, Kerbala et Najaf, pour renforcer les relations bilatérales alors que les Etats-Unis font pression sur l'Irak pour qu'il les restreigne.

AFP


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