Espionnage: un haut représentant de Huawei en Europe rejette toute accusation

  08 Février 2019    Lu: 700
Espionnage: un haut représentant de Huawei en Europe rejette toute accusation

Un haut représentant en Europe du géant chinois des télécommunications Huawei a rejeté jeudi les accusations selon lesquelles ses équipements permettraient au renseignement chinois d'espionner les communications des pays qui utiliseraient ses services.

"Récemment, Huawei a été constamment attaqué par certains pays et hommes politiques", a déclaré Abraham Liu, représentant principal de Huawei auprès de l'UE, dans un discours prononcé lors d'une réception pour le Nouvel An chinois à Bruxelles.

"Nous sommes choqués ou parfois amusés par ces allégations infondées et insensées ", a-t-il ajouté. "La question de la cybersécurité devrait rester une question technique, plutôt qu'une question idéologique", a-t-il martelé. "Nous sommes toujours prêts à accepter la supervision et les suggestions de tous les gouvernements, clients et partenaires européens", a insisté M. Liu, alors que de plus en plus de pays européens, dont la France et l'Allemagne, expriment des inquiétudes sur le rôle joué par Huawei en matière d'espionnage.

Il a en outre annoncé "l'ouverture d'un centre pour la cybersécurité à Bruxelles le mois prochain". "Grâce à ce nouveau centre, nous espérons démontrer de manière plus transparente que nous faisons partie de la solution et non du problème", a-t-il dit. Abraham Liu n'a donné aucun détail supplémentaire sur les activités ou le nombre d'employés de ce centre. Huawei est jugé plus performant et plus innovant que ses concurrents sur la technologie 5G, mais ses équipements sont soupçonnés de permettre au renseignement chinois d'espionner les communications des pays qui les utiliseraient.

Les lois chinoises obligent en effet les groupes dont le siège social est en Chine à apporter une aide technique aux services de renseignement. Les États-Unis ont dévoilé la semaine dernière une longue série de chefs d'inculpation contre la directrice financière -- et fille du fondateur-- de Huawei, accusée d'avoir violé les sanctions économiques qui doivent isoler l'Iran, et contre deux filiales de l'entreprise accusées d'espionnage industriel.

Le géant chinois est également confronté à des problèmes en Australie, Grande-Bretagne, Nouvelle-Zélande et Pologne. Mardi, la chancelière allemande Angela Merkel a appelé à l'instauration de "garde-fous" pour s'assurer que les entreprises chinoises ne livrent pas d'informations au régime de Pékin. Le ministre français de l'Économie, Bruno Le Maire, a pour sa part annoncé des propositions "dans les prochains jours" pour renforcer la sécurité des réseaux téléphoniques dans le cadre du déploiement de la 5G, où le chinois Huawei est leader. 

Belga


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