Tunisie: enquête et polémique sur une école coranique illégale

  04 Février 2019    Lu: 371
Tunisie: enquête et polémique sur une école coranique illégale

Le responsable d'une école coranique illégale, accusé d'avoir maltraité et exploité 42 enfants en Tunisie, a été arrêté. 

Les autorités tunisiennes ont annoncé avoir arrêté le responsable d'une école coranique illégale, accusé d'avoir maltraité et exploité 42 enfants, dont le placement dans un centre d'accueil inquiète l'ONG de défense des droits humains Amnesty International.

Le directeur de cet établissement de Regueb, près de Sidi Bouzid (centre-ouest), a été placé en garde à vue pour violences et exploitation économique des enfants, qui devaient effectuer des travaux agricoles et de construction, a indiqué dimanche le ministère de l'Intérieur dans un communiqué, ajoutant que la police était intervenue le 31 janvier.

Les enfants placés en centre d'accueil
Âgés de 10 à 18 ans, les 42 enfants, dont certains souffraient de la gale, étaient tous déscolarisés, et se sont vus inculquer des idées extrémistes, selon le ministère. La déscolarisation des jeunes a atteint des taux inquiétants, notamment dans le centre marginalisé de la Tunisie, l'éducation publique, longtemps source de fierté et d'ascension sociale, ayant pâti ces dernières années de problèmes de gestion et de formation du personnel.

Retirés des lieux de l'établissement où ils vivaient dans l'insalubrité, en compagnie de jeunes adultes, les enfants ont été placés dans un centre d'accueil à Tunis, à 200 kilomètres de là, en attendant que la justice se prononce, a ajouté le ministère.

L'organisation de défense des droits humains Amnesty a appelé dans un communiqué, publié dimanche sur sa page Facebook, à respecter les droits des enfants concernés, déplorant qu'ils aient été placés sans passer devant un juge aux affaires familiales et que leurs témoignages aient été entendus sans que les procédures spécifiques aux mineurs n'aient été respectées.

Amnesty s'est par ailleurs inquiété des assertions de certains enfants qui ont indiqué avoir subi un test anal dans le cadre de l'enquête sur d'éventuelles agressions sexuelles. Le recours à ce test, très critiqué et condamné par le comité de l'ONU contre la torture, constituerait «une violation flagrante» des conventions sur les droits de l'enfant, a souligné l'ONG.


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