Trump mis en échec au Sénat sur sa proposition de sortie du "shutdown"

  25 Janvier 2019    Lu: 891
  Trump mis en échec au Sénat sur sa proposition de sortie du "shutdown"

Le plan de Donald Trump pour sortir du shutdown le plus long de l'histoire américaine n'a pas passé jeudi l'obstacle du Sénat américain, les démocrates restant fermement opposés à l'adoption d'un budget pour construire un mur à la frontière avec le Mexique.

Le «shutdown» le plus long de l'histoire des Etats-Unis ne prendra pas fin aujourd'hui. Le plan de Donald Trump pour sortir de cette paralysie partielle de l'administration américaine n'a pas passé jeudi l'obstacle du Sénat américain, les démocrates restant fermement opposés à l'adoption d'un budget pour construire un mur à la frontière avec le Mexique.

Au 34e jour de l'impasse budgétaire, aucune solution n'apparaît encore pour sortir de cette situation qui frappe un quart des administrations fédérales américaines, 800.000 fonctionnaires et de nombreux sous-traitants. Républicains et démocrates restaient fermement campés sur leurs positions. «Nous ne céderons pas!» sur le mur, a encore tweeté Donald Trump avant le vote. Les républicains sont majoritaires au Sénat mais avec 53 voix sur 100, ils avaient besoin de votes démocrates pour atteindre le palier des 60 voix nécessaires au passage de la proposition de Donald Trump. Peine perdue.

Le texte républicain, basée sur la proposition de Donald Trump, aurait permis de financer le gouvernement jusqu'en septembre. Surtout, il intégrait l'enveloppe de 5,7 milliards de dollars pour le mur, ainsi qu'une concession accordée samedi par le président: un sursis de trois ans pour un million d'immigrants directement menacés d'expulsion.

Une proposition des démocrates elle aussi mise en échec

Un vote a suivi dans la foulée sur une contre-proposition des démocrates, qui a elle aussi échoué. Elle prévoit de financer partiellement le gouvernement jusqu'au 8 février. Une fois sortis de l'impasse budgétaire, les démocrates promettaient de revenir à la table des négociations sur la sécurité aux frontières même s'ils se refusent à négocier tant que les «Américains sont pris en otages» par le «Shutdown». Mais la proposition a elle aussi échoué. Leur texte ne contenait pas de budget pour le mur, qu'ils jugent «immoral» et inefficace mais proposait une enveloppe pour renforcer la sécurité aux frontières.

En décembre une proposition semblable avait été approuvée par le Sénat républicain mais brusquement retoquée par Donald Trump qui avait annoncé ne pas la promulguer. En s'appuyant sur ce point, les démocrates accusent les républicains d'être revenus sur leur décision pour suivre un caprice du président américain.

En face, le sénateur républicain Ted Cruz les a accusés d'avoir par le passé financé des tronçons de mur et de s'y opposer fermement cette fois simplement pour contrarier la promesse de campagne de Donald Trump. «Ce n'est pas parce que vous détestez quelqu'un que vous devez bloquer le gouvernement», a-t-il lancé au Sénat.

Un bras de fer avec nancy Pelosi

Le président républicain a été contraint de reporter sine die son discours sur l'état de l'Union, prévu mardi prochain au Congrès, à la demande de Nancy Pelosi qui lui avait retiré son invitation pour des questions de sécurité liées au «shutdown», selon elle. Pour contrer celle avec qui il est entrée dans un bras de fer, Donald Trump a affirmé mercredi soir qu'il prononcerait bien son discours sur l'état de l'Union, lors duquel les présidents américains exposent chaque année leur programme et leur vision de l'avenir du pays. Il a toutefois précisé que cet événement interviendrait après la fin du «shutdown», dans un «futur proche».

Le ministre du Commerce comparé à Marie-Antoinette

En attendant, les effets sont déjà bien réels pour les employés fédéraux au chômage forcé ou poussés à travailler sans solde, lorsque leurs emplois sont jugés essentiels. Beaucoup, payés toutes les deux semaines, ont déjà été privés d'un salaire et semblent bien partis pour ne pas recevoir le deuxième, prévu vendredi. Les sous-traitants aussi souffrent et, à la différence des employés fédéraux, ils ne seront pas payés rétroactivement.

Interrogé sur les fonctionnaires forcés d'avoir recours à la charité pour s'alimenter, le ministre américain du Commerce Wilbur Ross a répondu «ne pas vraiment comprendre pourquoi» ils ne pouvaient pas obtenir un prêt garanti par le gouvernement fédéral. Apparaissant sourde au malaise des plus démunis, la réaction du ministre multi-millionnaire a immédiatement été brandie par les démocrates pour dénoncer l'»indifférence cruelle» de l'administration de Donald Trump, lui-même milliardaire. Et les démocrates de faire une analogie avec la fameuse phrase attribuée à Marie-Antoinette pendant la disette de 1789: «S'ils n'ont pas de pain, qu'ils mangent de la brioche!» Contrôleurs aériens, pilotes et personnels navigants ont de leur côté fait part de leur inquiétude croissante concernant la sécurité dans le transport aérien aux Etats-Unis.

Source: Le Figaro


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