Ouverture de la COP24, sous pression face à l'urgence climatique

  02 Décembre 2018    Lu: 692
Ouverture de la COP24, sous pression face à l

Quelque 200 pays ont entamé en Pologne deux semaines de négociations, avec l'alerte rouge des scientifiques en toile de fond.

Face à l'urgence climatique, quelque 200 pays ont entamé ce dimanche deux semaines de discussions pour tenter de mettre en orbite l'accord de Paris. Et ce malgré des vents contraires peu propices à une réponse ambitieuse ou collective. Avec deux heures et demie de retard, la 24e Conférence de l'ONU sur le climat (COP24) s'est ouverte à Katowice, en pleine région houillère, avec en tête l'alerte rouge lancée récemment par les scientifiques du Giec. 

Désastres météo, incidence sur la santé ou les rendements agricoles... "La science montre clairement que nous avons seulement une décennie pour juguler les émissions de gaz à effet de serre", souligne Johan Rockströem, du Potsdam Institute for Climate Impact Research (PIK).  

"Message sans équivoque"

Avec l'accord de Paris en 2015, le monde s'est engagé à limiter la hausse de la température à +2°C par rapport à l'ère pré-industrielle, et idéalement à +1,5°C. Le récent rapport du Giec a souligné la différence "nette" des impacts entre ces deux objectifs, que ce soit sur les vagues de chaleur ou l'augmentation du niveau des mers. 

Les engagements pris aujourd'hui par les signataires de Paris mèneraient toutefois à un monde à +3°C. Alors que la planète a déjà gagné +1°C, il faudrait, pour rester sous +1,5°C, que les émissions de CO2 soient réduites de près de 50% d'ici à 2030 par rapport à 2010, selon le Giec. 

Dans une déclaration inhabituelle, les présidents de plusieurs précédentes COP doivent appeler dimanche cette conférence à envoyer un "message sans équivoque" concernant leurs ambitions. Tout retard dans l'action "rendra simplement plus difficile et plus coûteux de répondre au changement climatique". "Pas d'excuse. Notre climat est en feu et il est temps d'agir", a renchéri Greenpeace. 

Trump et bientôt Bolsonaro?
Les membres du G20, à l'exception des États-Unis, ont certes réaffirmé samedi leur soutien à l'accord de Paris. Mais Donald Trump a répété au G20 son rejet de l'accord de Paris et le futur président brésilien Jair Bolsonaro, a évoqué une sortie de son pays également du pacte climatique. "Les étoiles ne sont plus alignées, manifestement", déplore Seyni Nafo, porte-parole du groupe Afrique. 

Le sommet d'une journée lundi à Katowice, où seuls une vingtaine de dirigeants sont confirmés, dont les Premiers ministres néerlandais et espagnol ou les présidents du Nigeria et du Botswana, pourrait donner un signe des intentions du reste du monde. 

Chacun temporise
Les observateurs craignent que la plupart des États, encouragés à réviser leurs engagements pour 2020, attendent un autre sommet convoqué par le secrétaire général de l'ONU en septembre 2019 à New York pour afficher leurs objectifs. Quant à la Pologne, hôte de la réunion et défenseur acharné de son industrie du charbon, son "principal" objectif est l'adoption du manuel d'utilisation de l'Accord de Paris. 

L'accord ne pourra libérer son potentiel sans des règles précises notamment sur la "transparence" (comment les États rendent compte de leurs actions, leurs financements, leurs résultats) ou le degré de flexibilité accordé aux pays les plus pauvres. 


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