L'Unesco demande plus d'efforts pour intégrer les enfants migrants

  20 Novembre 2018    Lu: 791
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L'Unesco a demandé mardi aux pays d'accueil de faire plus d'efforts afin d'intégrer dans leurs systèmes scolaires les enfants migrants et réfugiés en âge d'aller à l'école. Leur nombre a augmenté de 26% depuis 2000.

Selon le rapport mondial de suivi sur l'éducation 2019, les 18 millions d'enfants concernés pourraient remplir "un demi-million de salles de classe".

L'organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture, dont le siège est à Paris, précise que la moitié des personnes déplacées de force dans le monde ont moins de 18 ans mais que, "dans de nombreux pays, elles sont exclues du système éducatif national".

"Les enfants demandeurs d'asile en détention dans des pays comme l'Australie, la Hongrie, l'Indonésie, la Malaisie et le Mexique ont un accès limité à l'éducation, lorsqu'ils ne sont pas carrément privés d'accès à l'éducation", déplore le rapport.

Rwanda et Iran salués
D'autres pays manquent quant à eux de moyens pour proposer une éducation correcte à ces enfants, à l'image du Liban ou de la Jordanie qui accueillent le plus grand nombre de réfugiés par habitant et qui ont dû imposer des horaires scolaires distincts le matin et l'après-midi pour les enfants réfugiés.

Des pays développés sont également mentionnés comme l'Allemagne qui aurait besoin de 42'000 nouveaux enseignants pour fournir une éducation de qualité aux réfugiés.

Le Rwanda et l'Iran sont en revanche salués parmi les pays qui ont réalisé "des investissements considérables" pour que les réfugiés fréquentent l'école aux côtés des nationaux.

Aide nécessaire
"L'éducation est la clé de l'inclusion et de la cohésion. Une plus grande diversité en classe, si elle constitue un défi pour les enseignants, peut favoriser le respect de la diversité et être l'occasion d'apprendre des autres", a estimé Audrey Azoulay, la directrice générale de l'Unesco.

Si le rapport souligne que la proportion d'enfants issus de l'immigration dans les pays à revenu élevé est passée de 15% à 18% entre 2005 et 2017, il relève également que les enfants immigrés "n'ont pas les mêmes chances que les autres". Par exemple, en 2017, dans l'Union européenne, deux fois plus de jeunes nés à l'étranger que d'enfants nés sur place ont prématurément quitté l'école.

"Les pays ne peuvent pas considérer qu'ils se sont acquittés de leur tâche une fois que les immigrants sont à l'école", note Manos Antoninis, le directeur du rapport. "Ils finissent dans des écoles moins performantes ou dans des établissements moins bien dotés situés dans des quartiers en difficulté", regrette-t-il.


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