Netanyahu justifie avoir autorisé l'entrée d'argent qatari à Gaza

  11 Novembre 2018    Lu: 286
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Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a justifié samedi soir sa décision d'autoriser le Qatar à acheminer 15 millions de dollars afin de payer les salaires des fonctionnaires dans la bande de Gaza, en expliquant que cela contribuerait à ramener le calme.

Le chef du gouvernement israélien ne s'était pas encore exprimé sur ce sujet depuis qu'Israël a autorisé le transfert des fonds qataris dans l'enclave contrôlée par le Hamas, mouvement islamiste qu'Israël, les Etats-Unis et l'Union européenne considèrent comme "terroriste". 

"Je fais ce que je peux, en coordination avec les services de sécurité, pour que le calme revienne dans les localités du sud (d'Israël), mais aussi pour éviter une crise humanitaire", a justifié le Premier ministre, peu avant de s'envoler pour Paris où il assiste dimanche aux cérémonies du centenaire de la fin de la Première guerre mondiale.

Benjamin Netanyahu a précisé que les services de sécurité israéliens soutenaient cette décision et que la majorité des ministres membres du cabinet de sécurité israélien --forum restreint chargé des questions les plus sensibles-- l'avaient aussi approuvée. 

"C'est une bonne décision", a-t-il ajouté. 

Vendredi et samedi, des fonctionnaires palestiniens de Gaza, qui ne sont plus payés que sporadiquement depuis des mois, ont perçu des arriérés de salaire et certains autres Gazaouis des aides, financés par le Qatar qui a fait rentrer des valises d'argent liquide jeudi soir dans l'enclave, via le point de passage d'Erez, contrôlé par Israël. 

Israël semble avoir facilité l'opération, timide bouffée d'oxygène pour la bande de Gaza éprouvée par les guerres, les blocus israélien et égyptien, la pauvreté et les pénuries.

Cet acte d'apaisement s'inscrit dans les efforts de médiation des Nations unies et de l'Egypte afin de négocier une trêve durable entre Israël et le Hamas, après des mois de manifestations le long de la frontière qui sépare l'enclave de l'Etat hébreu.

Au moins 221 Palestiniens ont été tués depuis le 30 mars par des tirs israéliens, principalement lors de manifestations, mais aussi dans des frappes israéliennes en réponse à des tirs de roquettes. Un soldat israélien a été tué.

Israël réclame un retour au calme, le Hamas un allègement du vigoureux blocus imposé depuis plus de dix ans par l'Etat hébreu pour le contenir.

Mais l'entreprise d'apaisement a été critiquée par l'Autorité palestinienne du président Mahmoud Abbas, qui s'estime court-circuitée. Tentant de revenir à Gaza depuis son éviction par le Hamas, l'Autorité palestinienne redoute une reconnaissance de fait et la pérennisation du contrôle du mouvement islamiste sur l'enclave.

Côté israélien, le ministre de la Défense Avigdor Lieberman a dénoncé "une capitulation devant le terrorisme", la cheffe de file de l'opposition Tzipi Livni évoquant "une soumission au Hamas". 

AFP


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