Pourquoi le négationnisme n'est pas censuré sur Facebook

  19 Juillet 2018    Lu: 394
Pourquoi le négationnisme n

Le patron de Facebook Mark Zuckerberg a provoqué un tollé en affirmant que les messages niant l'existence de la Shoah ne devaient être supprimés du réseau social.

Fragilisé par le scandale Cambridge Analytica, Facebook est régulièrement pointé du doigt pour son incapacité à agir contre les "fake news" qui gangrènent son réseau depuis plusieurs années. 

Censure ou liberté d'expression? Un équilibre à trouver
Et le premier réseau social mondial et son patron semblent toujours tâtonner sur la stratégie à adopter pour lutter contre la désinformation en ligne. Mark Zuckerberg cherche le bon équilibre, mais gérer le contenu de quelque deux milliards d'utilisateurs, ce n'est évidemment pas une mince affaire.

Par exemple, doit-on considérer le négationnisme comme une fake news? C'est précisément la question qui a été posée au jeune milliardaire lors d'une interview accordée au site américain spécialisé Recode. S'il a répondu par l'affirmative, Zuckerberg a par contre avoué que les messages négationnistes ne sont pas retirés de Facebook. 

"De tels propos sont terribles, mais je ne pense pas que notre plateforme devrait les supprimer, car les gens font parfois des erreurs. Je ne pense pas que cela soit intentionnel", a ainsi confié Mark Zuckerberg, lui-même juif. Sur ce sujet, Facebook se contente dès lors de se référer à la législation du pays concerné. Le négationnisme est un délit en Belgique ou en France, mais pas aux Etats-Unis, par exemple.

Zuckerberg provoque un tollé
Mark Zuckerberg a ensuite clarifié sa position dans un e-mail envoyé à la journaliste de Recode qui l'a interviewé, Kara Swisher. "Notre objectif avec les fake news n'est pas d'empêcher les gens de dire des choses fausses, mais d'arrêter les fake news et la diffusion de fausses informations sur nos services," écrit-il. "Si quelque chose se répand et est classé comme étant faux par les fact-checkers, il perd la grande majorité de sa distribution dans les fils d'actualité". En substance, on comprend que Facebook ne souhaite pas porter atteinte à la liberté d'expression.

Il devait s'y attendre, ses propos ont provoqué un tollé au sein de la communauté juive. L'Anti-Defamation League, une ONG américaine luttant contre toute forme d'antisémitisme, a déclaré par la voix de son président Jonathan Greenblatt que Facebook avait "l'obligation morale et éthique" de ne pas laisser le négationnisme se propager sur sa plateforme.


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