Référendum: L'Irlande aux urnes pour l'avortement

  24 Mai 2018    Lu: 1822
Référendum: L

Les Irlandais vont se prononcer vendredi par un référendum sur une modification de la Constitution qui permettrait de légaliser l'avortement.

Les Irlandais votent vendredi sur la libéralisation de l'avortement. Celle-ci pourrait être acquise de justesse dans ce pays à forte tradition catholique, marquant l'évolution des moeurs trois ans après la légalisation du mariage homosexuel.

L'organisation de ce référendum était une promesse du premier ministre Leo Varadkar, arrivé au pouvoir en juin 2017, qui avait jugé la loi «trop restrictive». La consultation pose la question de l'abrogation du 8e amendement de la Constitution, introduit en 1983, qui interdisait l'avortement jusqu'à une réforme votée en 2013 permettant des exceptions lorsque la vie de la mère est menacée.

Cette législation reste l'une des plus restrictives d'Europe : le viol, l'inceste ou la malformation du foetus ne sont pas des raisons légales d'avorter. Chaque année, des milliers d'Irlandaises sont contraintes de se rendre à l'étranger, principalement au Royaume-Uni, pour avorter.

Légère avance pour le oui

Tous les récents sondages donnent le oui en tête, avec de 56 à 58%, mais les quelque 14 à 17% d'indécis peuvent encore changer la donne. «Le résultat du référendum n'est pas couru d'avance», soulignait récemment le journal The Irish Times.

Cette consultation intervient trois ans après la légalisation, également par référendum, du mariage homosexuel, qui avait provoqué un séisme culturel dans ce pays de 4,7 millions d'habitants.

Elle traduit le déclin de l'influence de l'Eglise catholique, autrefois si puissante mais aujourd'hui érodée par les bouleversements économiques et sociaux. L'institution religieuse paie aussi le prix des affaires de pédophilie impliquant des prêtres, parfois couvertes par des responsables ecclésiastiques.

Selon le Pr Diarmaid Ferriter, de l'University College Dublin, les mentalités ont profondément évolué depuis 1983. «A l'époque, le débat était dominé par des voix plus âgées, masculines, et l'Eglise se trouvait manifestement dans une position beaucoup plus puissante qu'aujourd'hui», dit-il à l'AFP. «Le profil des militants des deux côtés est bien plus jeune aujourd'hui».

Tentatives infructueuses

Le combat des pro-avortement a pris le visage d'Amanda Mellet, contrainte de partir au Royaume-Uni pour se faire avorter d'un foetus présentant une malformation mortelle.

S'estimant victime de la législation irlandaise, elle avait saisi la Commission des droits de l'Homme des Nations unies, qui lui a donné raison. Dublin a fini par lui accorder un dédommagement de 30'000 euros.


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