Seule une minorité de la population mondiale a toujours accès à de l’air non pollué

  21 Avril 2018    Lu: 1321
Seule une minorité de la population mondiale a toujours accès à de l’air non pollué

L’air est-il pur dans votre quartier aujourd’hui ? Un nouveau rapport sur l’état de l’air dans le monde suggère que plus de 95% de la population mondiale respire de l’air pollué contenant des particules fines, avec des taux situés au-delà des normes mondiales de qualité de l’air.

De plus, le fardeau de la mauvaise qualité de l’air affecte les communautés les plus pauvres. En effet, selon l’Institut américain des effets sur la santé (HEI), qui a réalisé l’étude, l’écart entre les pays les plus pollués et les moins pollués ne cesse de croître. Cela a également un effet réel sur la santé : selon les rapports de l’HEI, 6.1 millions de décès dans le monde en 2016 pourraient être liés à la pollution de l’air. Les accidents vasculaires cérébraux, les crises cardiaques, le cancer du poumon et les maladies pulmonaires chroniques sont quelques-unes des maladies à blâmer.

Cela place la pollution de l’air au quatrième rang des risques mortels pour la santé sur notre planète, avec l’hypertension artérielle, le régime alimentaire et en tête de liste, le tabagisme. « La pollution de l’air engendre un lourd tribut dans le monde entier, rendant difficile la respiration des personnes souffrant de maladies respiratoires, envoyant les jeunes et les moins jeunes à l’hôpital, leur faisant manquer des jours d’école et de travail et contribuant dans certains cas à une mort prématurée », explique Bob O’Keefe, vice-président de l’HEI. « Les tendances que nous rapportons montrent des progrès réels dans certaines parties du monde, mais de sérieux défis demeurent pour éliminer cette affliction évitable », continue-t-il.

L’air pollué est défini par sa concentration de particules ambiantes (inférieure ou égale à 2.5 micromètres). Mais pour la première fois, l’étude de l’HEI de 2018 a inclus des mesures de qualité de l’air d’intérieur, ainsi qu’une analyse des échantillons extérieurs. Cette pollution de l’air domestique – utilisant le charbon, le bois et le fumier pour la cuisine et le chauffage à l’intérieur de la maison – a été responsable de près de 2.6 millions de décès en 2016, indique le rapport. Il s’agit presque de la moitié du chiffre total.

Les mesures au sol ont été combinées avec des relevés par satellite et d’autres sources de données (y compris la densité de population) pour déterminer le nombre de personnes dites à risque selon les différentes zones.

La pollution de l’air par région. Crédits : HEI

Selon le rapport, les pays les plus touchés sont ceux d’Afrique du Nord, d’Afrique de l’Ouest et du Moyen-Orient. Les poussières minérales soufflées par le vent et les combustibles solides à la maison étant les principaux responsables de la pollution atmosphérique. Comme le souligne le rapport de l’HEI, de nombreux pays d’Asie et d’Afrique sont confrontés à la fois à la pollution de l’air extérieur et à la pollution de l’air intérieur. De plus, avec le vieillissement des populations, des pays comme la Chine et l’Inde voient chaque année davantage de décès liés à la pollution.

En revanche, les pays qui ont été classés les plus bas quant à la pollution de l’air dans le rapport, étaient l’Australie, la Nouvelle-Zélande, le Canada, la Finlande, l’Islande et la Suède.

Selon les analyses, les concentrations de particules ont augmenté de 18% en moyenne entre 2010 et 2016, bien que nous observions des améliorations dans certaines régions. Par exemple, la Chine a commencé à stabiliser les niveaux de pollution ces dernières années.

Si vous souhaitez vérifier toutes ces données par vous-même, l’HEI a mis en place des graphiques interactifs sur son site internet : vous pouvez donc sans autre écumer les détails concernant les différentes régions du monde.

Bien entendu, une grande question subsiste : que pouvons-nous faire à ce sujet ? Les scientifiques de l’HEI affirment que les solutions devront être assez vastes car les racines de la pollution sont malheureusement nombreuses et varient d’un endroit à un autre. « Les actions visant à réduire la pollution atmosphérique devraient non seulement traiter la combustion du charbon à grande échelle par les centrales électriques et les industries, mais aussi l’utilisation du charbon ou de différentes formes de biomasse pour chauffer et cuisiner dans des millions de petits foyers à travers le monde », expliquent les chercheurs dans leur rapport.

Certaines des villes les plus touchées de la planète étant confrontées à de graves perturbations, ainsi qu’à des dangers pour la santé publique, le défi reste grandissant… L’année dernière, la Chine a fermé temporairement jusqu’à 40% de ses usines pour tenter de réduire les niveaux de pollution.

L’élément le plus grave est qu’en réalité, seulement 5% de la planète bénéficie d’un air répondant aux normes internationales de qualité. Une information non négligeable. « La pollution de l’air constitue un défi majeur pour la santé publique mondiale », déclare Dan Greenbaum, président de l’HEI. « Ce problème est tout simplement évident, d’autant plus dans ce monde en plein développement, où un tiers de la population mondiale est confrontée à un double fardeau de pollution de l’air intérieur et extérieur », ajoute-t-il.

Sources: HEIState of Global Air


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