Le journaliste Yannick Urrien: «L’élection présidentielle confirme la stabilité de l’Azerbaïdjan»

  13 Avril 2018    Lu: 2388
Le journaliste Yannick Urrien: «L’élection présidentielle confirme la stabilité de l’Azerbaïdjan»

Un article intitulé «L’élection présidentielle confirme la stabilité du pays» dont l’auteur est le journaliste français Yannick Urrien, qui a observé les élections à Bakou, a été publié sur le site http://www.hebdobourseplus.com.

AzVision présente l’article dans son intégrité:

«L’Azerbaïdjan est passionnant sur le plan culturel, politique et économique : par exemple, bien que la population soit à plus de 93 % musulmane, il s’agit d’un pays laïc qui reconnaît pleinement les droits des femmes et où les musulmans vivent en parfaite harmonie avec les chrétiens et les juifs. Lors de la Semaine sainte, le président Ilham Aliyev est intervenu à la télévision pour souhaiter Pâques à la communauté chrétienne, en soulignant : « Je tiens à noter avec plaisir que nos compatriotes chrétiens jouissant du climat démocratique et juridique existant et des relations progressistes entre l’État et la religion en Azerbaïdjan sont activement impliqués dans toutes les sphères de la vie publique et politique, tout en préservant leurs particularités et leurs traditions ethniques et religieuses, et contribuent dignement au grand processus de progrès et à la construction de la société civile dans notre pays ». Par ailleurs, sur le plan économique, l’Azerbaïdjan est le premier partenaire économique de la France dans le Caucase du Sud et c’est aussi un pays stratégique qui assure la sécurité énergétique de l’Occident. En effet, cet acteur important dispose de richesses naturelles en pétrole et en gaz.

L’élection présidentielle de ce 11 avril 2018 méritait amplement que l’on s’y attarde, or aucun journaliste français n’a daigné faire cinq heures de vol pour comprendre et relayer la situation politique en Azerbaïdjan. Il est certes beaucoup plus simple de recopier les articles de la « bien-pensance » et de qualifier directement le pays de dictature… Finalement, on perd moins de temps ! Alors, nous, ce voyage, nous l’avons effectué. Bakou est une ville moderne, mais aussi très particulière, où l’on retrouve cet esprit de carrefour des civilisations décrit par les grands voyageurs, comme si les Azerbaïdjanais avaient su emprunter un peu de la personnalité des Perses, des Ottomans, des Russes, des Européens et des Asiatiques… Comment cela se caractérise-t-il ? Dès les premiers contacts, on ressent un caractère forgé par l’esprit de rigueur, de ponctualité, d’analyse, mais aussi une certaine décontraction à la méditerranéenne. En se promenant dans Bakou, rien ne laisse penser que nous nous trouvons dans un pays musulman : les femmes sont à 90 % vêtues à l’occidentale, toutes les grandes marques de mode, de cosmétiques et de nouvelles technologies sont représentées, la jeunesse s’amuse dans les cafés et les restaurants et, comme dans toutes les grandes capitales, les embouteillages sont nombreux… On identifie ceux qui sont pressés d’aller travailler, la femme active qui va faire ses courses, ou les jeunes qui sortent faire la fête entre amis. C’est tout simplement la vie… Tout le monde reçoit librement les chaînes télévisées par satellite et Internet n’est aucunement censuré. D’ailleurs, le centre de Bakou dispose même d’un accès Wifi illimité en libre accès…

Alors, pourquoi parler de dictature ? La presse institutionnelle française a fait beaucoup de tort aux relations franco-azerbaïdjanaises. Vazeh Asgarov, un universitaire azerbaïdjanais qui a fait ses études à Strasbourg, ne cache pas son amertume : « Ces articles relèvent d’une méconnaissance profonde de notre pays. Nous avons vécu pendant des décennies sous le communisme. Et des générations entières n’ont jamais connu la moindre élection. C’était Moscou qui nommait un gouverneur de province. Puis, dans les années 90, au moment de la chute du Mur, nous faisions la queue pendant des heures pour avoir du pain… Aujourd’hui, le pays fait figure d’exemple dans le monde par son développement économique. Le président Aliyev a une vision moderne et avant-gardiste. Il a une vraie vision de notre pays pour les prochaines décennies et cette élection présidentielle marque une volonté du peuple d’assurer une stabilité à notre pays ». Onze candidats étaient présents. Certes, la réélection d’Ilham Aliyev n’a pas constitué une véritable surprise, mais il est intéressant d’analyser la participation puisqu’une partie de l’opposition avait appelé au boycott de cette présidentielle. En visitant les bureaux de vote, nous avons pu observer une forte mobilisation, parfois de longues files d’attente au moment du déjeuner et, dans tous les regards, la volonté de partager un sentiment de fierté patriotique : « Regardez ce que notre pays est devenu ! » Le peuple de l’Azerbaïdjan a des leçons à nous transmettre. Nous devons donc échanger, les comprendre, les aider à aller vers toujours davantage de démocratie, mais surtout ne pas les juger car ils ont aussi des choses à nous apprendre. D’ailleurs, lorsque l'on se souvient des répressions policières intervenues au moment de la Manif pour Tous, des interdictions prononcées contre l'humoriste Dieudonné avec cette affaire de l’ordonnance express du Conseil d’État et de bien d’autres exemples factuels pour empêcher des candidats de se présenter aux élections, sans occulter le harcèlement fiscal que l’on connaît (une spécialité française), avec cette « pensée correcte » qui domine dans les médias français, nos journalistes sont bien mal placés pour infliger des leçons de morale à l’Azerbaïdjan…


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