ONU: Donald Trump menace la Corée du Nord et l'Iran

  20 Septembre 2017    Lu: 220
ONU: Donald Trump menace la Corée du Nord et l'Iran

Le président américain Donald Trump a menacé mardi de "détruire totalement" la Corée du Nord et de remettre en cause l'accord nucléaire avec l'Iran, dans un discours belliqueux devant l'Assemblée générale de l'ONU.

S'exprimant comme lui pour la première fois dans l'hémicycle des 193 Etats membres des Nations unies, le président français Emmanuel Macron s'est lui fait le chantre d'un "multilatéralisme" plus efficace, s'opposant clairement à son homologue américain sur plusieurs sujets-clés, dont l'Iran et le climat.

Alors que le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres avait ouvert les débats en plaidant pour une "solution politique" pour éviter une "guerre" avec la Corée du Nord, Donald Trump s'en est pris violemment au "régime dévoyé" de Pyongyang.

Le dirigeant nord-coréen Kim Jong-Un, à nouveau qualifié d'"homme-fusée", s'est embarqué dans "une mission-suicide", a-t-il lancé.

"Il est naïf de penser que des sanctions et des menaces belliqueuses d'attaque nucléaire des Etats-Unis peuvent faire fléchir la Corée du Nord", a déploré l'Arms Control Association dans un communiqué.

- 'Etat voyous' -

Dénonçant les "Etats voyous", le président américain a également attaqué l'Iran, qualifié de "dictature corrompue".

Il a semblé plus proche que jamais d'une remise en cause de l'accord signé par les grandes puissances avec Téhéran pour encadrer le programme nucléaire de ce pays et s'assurer qu'il ne serve pas à le doter de l'arme atomique.

L'accord nucléaire de 2015 est "un des pires auxquels les Etats-Unis aient jamais participé", a-t-il affirmé.

"Nous ne pouvons pas laisser un régime meurtrier continuer ses activités déstabilisatrices (...) et nous ne pouvons pas respecter un accord s'il sert à couvrir l'éventuelle mise en place d'un programme nucléaire", a déclaré M. Trump.

Le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif a aussitôt dénoncé un "discours de haine" tandis que son président Hassan Rohani, qui s'exprimera mercredi à la tribune de l'ONU, a estimé que plus personne ne fera confiance aux Etats-Unis si Washington se retire de l'accord. A l'inverse, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a salué le discours "le plus courageux" jamais entendu "en plus de trente ans d'expérience avec l'ONU".

Les Européens, France en tête, espèrent encore peser sur le futur choix américain. Dénoncer l'accord serait une "lourde erreur", "ne pas le respecter serait irresponsable", a ainsi mis en garde Emmanuel Macron.

La France a proposé un "complément" à l'accord sur le nucléaire iranien, sur lequel les signataires pourraient travailler pour l'après 2025, une manière d'entrouvrir une porte de sortie pour Washington.

Parmi les autres "bêtes noires" de Donald Trump, la "dictature socialiste du président Nicolas Maduro au Venezuela, où il a dénoncé une "situation inacceptable". "Nous ne pouvons pas rester sans rien faire", a-t-il estimé, en se disant prêt à "d'autres actions" pour rétablir la "démocratie", sans préciser lesquelles.

Le chef de la diplomatie vénézuélienne lui a répondu en l'accusant de reprendre des théories "racistes".

Le président américain, qui avait salué lundi les nobles objectifs de multilatéralisme de l'ONU tout en dénonçant sa "bureaucratie", a également averti que l'armée américaine serait "bientôt plus forte que jamais" et qu'il "placerait toujours l'Amérique d'abord".

Des pays "indépendants" et "forts" sont à la base de l'ordre mondial, a-t-il fait valoir, défendant une vision unilatéraliste du monde.

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