La déclaration des dix ambassades pour la libération d'Osman Kavala a ciblé directement la Justice turque, selon Erdogan

  26 Octobre 2021    Lu: 285
La déclaration des dix ambassades pour la libération d

Le Président turc, Recep Tayyip Erdogan a annoncé que la déclaration des dix ambassades pour la libération d'Osman Kavala avait ciblé directement la Justice turque.

Le Chef de l'État a animé un point de presse à l'issue de la réunion du Conseil des ministres, lundi au Palais présidentiel à Ankara.

Il a commenté la déclaration conjointe faite par les ambassades de dix pays en Turquie, à savoir les États-Unis, l'Allemagne, le Danemark, la Finlande, la France, les Pays-Bas, la Suède, le Canada, la Norvège et la Nouvelle-Zélande, pour la libération d'Osman Kavala.

"La déclaration des ambassadeurs [pour la libération de Kavala] a ciblé directement la Justice et les droits souverains de notre pays, a martelé Erdogan. La position adoptée [par les 10 ambassades] est une insulte aux membres de notre Justice, dont nos juges, nos procureurs et nos avocats."

Le Président turc a assuré qu'il est de son devoir de répliquer à cet acte irrespectueux envers les membres de la Justice turque.

"Nous ne pouvons pas tolérer le fait qu'un groupe d'ambassadeurs remettent en question notre Justice […] a-t-il insisté. Ceux qui ne respectent pas l'indépendance de notre pays et les valeurs de notre nation, ne pourront pas rester en Turquie."

Les ambassades des dix pays cités avaient appelé à libérer Osman Kavala, jugé pour son implication aux événements du parc Gezi à Istanbul en 2013.

Erdogan avait affirmé que Kavala est "l'équivalent de George Soros" sur le plan international et avait donné l'instruction au ministre turc des Affaires étrangères, Mevlut Cavusoglu, pour que les dix ambassadeurs en question soient déclarés persona non grata.

L'ambassade américaine a fait marche arrière, ce lundi, en déclarant qu'elle respectera l'article 41 de la Convention de Vienne sur les relations diplomatiques.

Les ambassades des autres pays ont suivi la position américaine.

Selon ledit article, les diplomates "ont le devoir de respecter les lois et règlements de l’État accréditaire" ainsi que de "ne pas s’immiscer dans les affaires intérieures de cet État".

- Relations avec l'Afrique

Rappelant qu'il a effectué une tournée en Afrique, la semaine dernière, Erdogan a abordé les relations turco-africaines.

"Nos amis africains sont bien au courant des richesses dont ils disposent et du bénéfice qu'ils pourront en tirer, a-t-il dit. Les peuples africains ne veulent plus être exploités, opprimés ou massacrés, mais progresser avec un partage juste, se développer, s'accroître et contribuer au bien de l'Humanité."

Le Président a aussi souligné que le regard de la Turquie est beaucoup plus différent que celui des pays occidentaux.

"Nos interlocuteurs remarquent que nous nous approchons du continent avec une perspective humaine, en tant que pays n'ayant aucune honte coloniale dans son passé, a lancé Erdogan. Ils nous distinguent. […] Nous observons les traces des colonialistes dans les quatre coins du continent, dans les domaines politique, économique, social et culturel. Mais la politique turque basée sur le respect mutuel, la solidarité et le partage a commencé à s'enraciner."

Dans ce contexte, Erdogan s'est félicité d'avoir organisé le 3ème Forum d'Économie et d'Affaires Turquie-Afrique à Istanbul, la semaine dernière, rappelant que le Sommet de partenariat Turquie-Afrique se tiendra également dans la métropole turque les 17 et 18 décembre.

"Nous continuerons à construire un avenir commun avec nos amis africains et à déranger ainsi les colonialistes, a conclu le Président turc.

AA


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