Retraites: des Français très opposés à une mise en place d'une réforme

  10 Juin 2021    Lu: 274
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Cette colère, l'opinion publique la voit aussi dans la gifle reçue par Emmanuel Macron lors d'un déplacement dans la Drôme le 8 juin dernier.

C'est un sujet qu'Emmanuel Macron souhaiterait remettre sur la table. Suspendue en 2020 en raison de la pandémie de Covid-19, la réforme des retraites pourrait faire son retour avant l'élection présidentielle, dans des termes nouveaux. Un sondage Odoxa Backbone-consulting, réalisé pour Le Figaro et France Info, indique toutefois un fort rejet de la population.

Les Français n'en veulent pas. Du moins 60% d'entre eux, farouchement opposés à une mise en place de la réforme d'ici à 2022. Le rejet est unanime au sein de la population active et de tous les électorats, à l'exception des partisans de La République en Marche.

C'est sur le fond de la réforme que l'opposition est la plus marquée. L'idée de faire passer l'âge de départ à la retraite de 62 à 64 ans se heurte à la désapprobation de 7 Français sur 10. En cela, l'opinion publique est constante : en septembre 2019, les chiffres étaient similaires. Le président d'Odoxa, Gaël Sliman, présente même cette réforme comme «l'un des rares sujets de consensus entre Français.»

Si le chef de l'État persiste dans sa volonté, il pourrait bien être confronté à une nouvelle explosion de la colère sociale. 64% des Français apporteraient leur soutien à des mouvements de contestation, quand 16% seraient prêts à descendre dans la rue. En 2019, le mandat présidentiel s'était vu bousculé par des manifestations parfois violentes, notamment lors de rassemblements «gilets jaunes».

Cette colère, l'opinion publique la voit aussi dans la gifle reçue par Emmanuel Macron lors d'un déplacement dans la Drôme le 8 juin dernier. Trois-quarts des Français interprètent ce geste comme le symptôme d'une «hausse globale de la violence dans notre société», et non comme un «acte isolé», selon l'expression employée par le chef de l'État lui-même. La scène est aussi perçue par 75% des citoyens comme «un recul du respect de nos concitoyens pour la fonction présidentielle». D'autres (62%) y voient «le très fort rejet personnel» que suscite le président.

Ce décryptage est partagé par les sympathisants de gauche, comme de droite. Il ne fait en revanche pas l'unanimité au sein des... sympathisants LREM. Sans surprise, 68% refusent d'y voir un rejet d'Emmanuel Macron.

Le Figaro, Dinah Cohen


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