Tragédie de Méron: Journée de deuil national en Israël

  02 Mai 2021    Lu: 1837
Tragédie de Méron: Journée de deuil national en Israël afp.com - JACK GUEZ

Des premières funérailles avaient eu lieu dès vendredi après-midi dans ce que le premier ministre Benyamin Netanyahou a qualifié «d'une des plus grandes catastrophes» de l'histoire de l'État hébreu depuis sa création en 1948

Les drapeaux sont en berne dimanche en Israël pour une journée de deuil national à la suite de la mort de 45 personnes, incluant des enfants, dans une cohue géante lors d'un pèlerinage réunissant des dizaines de milliers de juifs orthodoxes.

«Désastre», «tragédie», «échec gouvernemental»: les unes de la presse étaient toutes barrées de noir dimanche pour les premiers journaux publiés en Israël depuis la bousculade survenue tôt vendredi matin au Mont Méron, dans le nord du pays, la presse ne publiant pas le samedi, jour de shabbat (repos).

Des premières funérailles avaient eu lieu dès vendredi après-midi dans ce que le premier ministre Benyamin Netanyahou a qualifié «d'une des plus grandes catastrophes» de l'histoire de l'État hébreu depuis sa création en 1948. Après une pause pour le shabbat, les enterrements ont repris samedi soir. Et les autorités ont annoncé dimanche avoir fini l'identification des morts, incluant notamment quatre Américains et deux Canadiens.

À qui la faute ?
Les drapeaux bleus et blancs sertis de l'étoile de David étaient en berne dimanche devant les édifices gouvernementaux à l'occasion d'un deuil national, tandis que les funérailles se multipliaient, principalement à Bnei Brak près de Tel-Aviv et Jérusalem, et que les familles traversaient la Shiv'ah, période de deuil de sept jours.

Samedi soir, des citoyens de Tel-Aviv, métropole sur la côte méditerranéenne, avaient organisé une première cérémonie en allumant des chandelles en hommage aux victimes.

À travers le deuil, des questions ne cessaient de tarauder les Israéliens: que s'est-il vraiment passé au Mont Méron? À qui la faute? Le drame aurait-il pu être évité?

Selon les premières indications, des dizaines de milliers de juifs orthodoxes étaient réunis dans la nuit de jeudi à vendredi au Mont Méron pour la reprise d'un pèlerinage annuel, après un an de pause en raison de la pandémie, dans le cadre de la fête juive de Lag Baomer. Vers 00H50, en marge d'un «feu de joie», une masse humaine a quitté les lieux mais la sortie exigeait à un moment de passer dans un couloir étroit, ce qui a causé un goulot d'étranglement, ont confié des témoins à l'AFP.

Des fidèles, en majorité de jeunes hommes et des adolescents, ont été écrasés dans la foule en panique. Le chef de la police pour le nord d'Israël, Shimon Lavi, a pris la «responsabilité» de cette tragédie.

Mais cette déclaration n'a pas clos le débat sur les responsables de cette tragédie d'autant que plusieurs répétaient depuis des années que la sécurité à ce rassemblement était souvent aléatoire.

Le ministre de la Sécurité publique Amir Ohana a dit ce week-end en assumer la «responsabilité» sans accepter le «blâme». Et la ministre des Transports, Miri Regev, une proche du Premier ministre Benyamin Netanyahou, était sur la sellette pour avoir, selon la presse locale, nolisé des autocars afin de permettre à des ultraorthodoxes de se rendre à ce pèlerinage.

Le grand rabbin ashkénaze d'Israël, David Lau, a suggéré dimanche que les célébrations au Mont Méron «s'étirent à l'avenir sur une semaine» afin d'éviter de trop grands rassemblements.

AFP


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