Mondafrique:  «La destruction culturelle du Karabach sous occupation arménienne»

  09 Avril 2021    Lu: 1265
  Mondafrique:   «La destruction culturelle du Karabach sous occupation arménienne»

Le site Mondafrique a publié un article intitulé «La destruction culturelle du Karabach sous occupation arménienne».

AzVision présente l'article dans son intégralité:

Le 10 novembre 2020, l’Azerbaïdjan a ainsi mis fin à près de 30 ans d’occupation arménienne et a rétabli son intégrité territoriale sur un territoire qu’Erevan s’était arrogé illégalement dès les indépendances des deux pays après le démembrement de l’ex URSS.

Certains pays profitent largement des ressources du territoire occupé pendant que d’autres le laissent à l’abandon et n’en font qu’une occupation militaire. Pendant l’occupation du Karabach par l’Arménie pendant 27 ans, ce scénario s’est hélas produit : les villes, la nature, les objets culturels et historiques de ces territoires ont été détruits et vandalisés par l’Arménie. Rien n’a concrètement été fait pour développer la région et rien n’a permis à l’Arménie d’émerger économiquement dans le Caucase du Sud grâce à cette occupation. 

Aghdam, ville fantôme

Pendant des décennies, après la proclamation de la première République laïque d’Azerbaïdjan en 1918, et avec l’arrivée des immigrés azéris venus de l’Europe, la ville d’Aghdam est devenue petit à petit le centre culturel de la région : théâtres, opéras, bibliothèques, cinémas ont poussé comme des champignons sur le modèle de ce qui se passait dans la bouillonnante Europe.

Depuis l’occupation, la ville d’Aghdam est devenue « une ville fantôme ». Plus de 5200 maisons et bâtiments ont été complètement détruits par les arméniens. Non seulement rien n’a été préservé du patrimoine historique de la ville, mais rien n’a non plus été construit de positif. C’est malheureusement un constat qui doit être généralisé à l’ensemble du Karabakh.

Lors du recensement des monuments et des objets culturels dans les territoires libérés de la République d’Azerbaïdjan par le Ministère de la Culture de l’Azerbaïdjan avant l’occupation, 571 institutions culturelles ont été identifiées, dont 286 bibliothèques, 237 maisons et clubs culturels, 19 musées, 24 écoles de musique pour enfants, 1 cinéma, 2 théâtres et 2 galeries. Presque toutes les entreprises sont dans un état de destruction complète.

Une seule mosquée préservée

Selon les rapports, il y avait 67 mosquées, mais hélas, à la suite de l’occupation par l’Arménie, une seule a survécu et dans quel Etat. C’était celle d’Aghdam, qui servait surtout de poste de surveillance sur l’ensemble de la ville. Raison avant tout stratégique. Le reste a été complètement ou partiellement détruit : les mosquées, les madrassas (écoles coraniques), les ponts et les temples zoroastriens de ces régions. Ces mosquées comprennent la mosquée Hadji Alakbar dans la région de Fuzouli, les mosquées des villages de Dadali, Merdinli, Gejegozlu, Yukhari Veysalli, deux mosquées dans le village d’Horadiz, les mosquées des villages Suleymanli et Papi dans la région de Djabraïl, les mosquées des villages Mamer et Yusifbeyli dans la région de Goubadly et la mosquée de la ville de Zangilan.Les tombes de Panahali Khan (XIXe siècle) et de Mehdigulu Khan situées dans la ville d’Aghdam ont été détruites, les monuments ont été gravement endommagés par les forces d’occupation arméniennes. Le tombeau d’Ibrahimkhalil Khan (XIXe siècle) a été complètement détruit.

Il est clair que l’islam et son patrimoine culturel étaient visés par les forces armées arméniennes une menace pour le patrimoine mondial. Pire encore : des fouilles illégales ont été organisées par de fausses expéditions archéologiques, y compris des spécialistes de pays étrangers, près de la grotte Azykh dans la région de Khodjavend et du château de Chahboulag dans la région d’Aghdam. Egalement, de nombreux temples appartenant à l’Albanie du Caucase, y compris les monastères de Khoudavang et de Gandjasar dans la région de Kelbadjar, ont été vandalisés.

Des Églises orthodoxes vandalisées

Autre exemple : même l’Église orthodoxe russe dans la région de Khodjavend qui a 127 ans a également été vandalisée par l’Arménie. De plus, la statue de Mohammad Fuzouli dans la région de Fuzouli, le musée commémoratif de Sari Achig dans le village de Gulabird de la région de Latchine, le buste de Molla Panah Vagif dans la ville de Choucha et la pierre tombale du poète Natavan dans la ville d’Aghdam ont été purement et simplement détruits. Le palais de Panah Ali Khan Javanshir Khan du Karabakh et fondateur de la ville de Shusha a été détruit par les Arméniens en 1992. L’UNESCO a été cordialement invitée à venir faire l’état des lieux de toutes ces dégradations, de part et d’autre, et les règlements techniques encadrant cette visite sont actuellement à l’étude. Il est important que les institutions internationales s’en saisissent au plus vite. 

Ces actes de vandalisme commis par l’Arménie contre des sites culturels majeurs du patrimoine de la région constituent une violation flagrante des dispositions de nombreux instruments internationaux, y compris de la « Convention de La Haye de 1954 pour la protection des biens culturels en cas de conflit armé », la « Convention européenne pour la protection du patrimoine archéologique» et la « Convention concernant la protection du patrimoine mondial, culturel et naturel ». La nature aussi a pâti de l’occupation. En effet, le fonds forestier de l’Azerbaïdjan a été détruit, et les forces pro-arméniennes ont abattu et détruit 54 000 hectares de forêts.

Encore des maisons incendiées durant le dernier conflit 

Les destructions se sont hélas poursuivies pendant la guerre. Pendant 20 jours, les Arméniens ont essayé d’infliger un maximum de dommages à la nature et aux biens culturels azerbaïdjanais. Des maisons ont été incendiées et pillées, des arbres ont été abattus. L’Azerbaïdjan a déjà commencé la réhabilitation des territoires libérés. Le programme de reconstruction est déjà en cours d’exécution. La zone détruite est de plus de 10000 kilomètres carrés au total. Trois aéroports et des centaines de kilomètres de voies ferrées sont déjà en construction dans les zones libérées. Il faut prévoir l’ensemble des infrastructures qui permettront prochainement à un million de personnes de là-bas de venir se réinstaller au Karabakh. Cela veut dire de nouvelles écoles, des hôpitaux, des centres sportifs, et des centres culturels. Permettre au Karabakh de redevenir une zone vivable et attractive, c’est tout cela la fois qu’il faut prévoir, organiser, et rebâtir.


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