Pandémie: Près de 200 personnes arrêtées suite aux violentes émeutes aux Pays-Bas

  26 Janvier 2021    Lu: 603
Pandémie: Près de 200 personnes arrêtées suite aux violentes émeutes aux Pays-Bas ANP/AFP - MARCO DE SWART

Les syndicats de la police ont affirmé qu'il s'agissait des pires émeutes en quatre décennies, depuis les affrontements entre les forces de l'ordre et des squatteurs qui avaient été délogés d'immeubles qu'ils occupaient illégalement dans les années 1980

La police néerlandaise a annoncé mardi avoir arrêté au moins 184 personnes pour leur participation aux violentes émeutes qui se sont produites pour la troisième nuit consécutive aux Pays-Bas, les pires troubles dans le pays depuis quatre décennies.

Au moins dix policiers ont été blessés dans les derniers affrontements avec les émeutiers, qui ont pillé des magasins et incendié des voitures dans plusieurs villes dont Rotterdam, Amsterdam et La Haye lundi soir.

Les émeutes ont commencé samedi soir, dès l'entrée en vigueur d'un couvre-feu imposé pour la première fois dans le pays depuis la Seconde Guerre mondiale, pour lutter contre la pandémie de coronavirus.

Le couvre-feu, au cours duquel il est interdit de sortir de chez soi entre 21H00 et 04H30, est respecté par la majorité des Néerlandais.

"Nous pouvons confirmer au moins 184 arrestations", a déclaré à l'AFP le porte-parole de la police, Sherlo Esajas. Selon la police, qui a déjà appréhendé 250 personnes dimanche, d'autres arrestations pourraient suivre.

Le chef de la police Henk van Essen a fermement condamné les émeutiers, affirmant que ces troubles n'avaient "plus rien à voir avec le droit à manifester".

"J'ai beaucoup de respect pour les collègues qui sont passés par des moments difficiles ces dernières nuits", a-t-il indiqué sur Twitter.

Les syndicats de la police ont affirmé qu'il s'agissait des pires émeutes en quatre décennies, depuis les affrontements entre les forces de l'ordre et des squatteurs qui avaient été délogés d'immeubles qu'ils occupaient illégalement dans les années 1980.

Le Premier ministre Mark Rutte avait condamné lundi les "violences criminelles", affirmant qu'elles étaient inacceptables et que "99%" des Néerlandais soutiennent les restrictions".

Les opérations de nettoyage se poursuivaient mardi, pour la deuxième journée consécutive, dans plusieurs centre-villes, dont celui de la cité portuaire de Rotterdam et Den Bosch au sud, où des images ont montré des bandes d'émeutiers pillant des magasins.

Les maires de plusieurs villes ont réagi avec colère, celui de Rotterdam, Ahmed Aboutaleb, dénonçant les émeutiers comme des "voleurs éhontés", a rapporté la chaîne de télévision nationale NOS.

Les protestations avaient commencé à petite échelle samedi soir, et un centre de dépistage du Covid-19 avait été incendié dans le village d'Urk, dans la région conservatrice protestante dite de la "ceinture de la Bible" dans le nord du pays.

Elles se sont étendues dimanche, et les forces de l'ordre ont eu recours aux canons à eau, aux grenades lacrymogènes et à la police montée à Eindhoven (sud), Rotterdam ou Amsterdam.

La Haye avait annoncé à la mi-décembre une nouvelle série de mesures pour lutter contre le Covid-19 dans le pays, où plus de 13.500 personnes sont décédées depuis le début de la pandémie.

AFP


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