Trois décennies et 44 jours de violations des Conventions de Genève et de La Haye par l'Arménie

  26 Novembre 2020    Lu: 211
  Trois décennies et 44 jours de violations des Conventions de Genève et de La Haye par l

Après 30 ans de destruction et pillage du patrimoine culturel azerbaïdjanais dans les territoires qu'elle occupait, l'Arménie, signataire de conventions internationales, a poursuivi ses crimes durant la guerre de 44 jours ayant pris fin le 9 novembre.

Suite au nettoyage ethnique opéré par l'Arménie pendant la guerre l'ayant opposée à l'Azerbaïdjan de 1988 à 1994, et au cours de trois décennies d'occupation et de colonisation du Haut-Karabagh et de sept autres régions azerbaïdjanaises, les forces arméniennes ont pillé, détruit ou endommagé une part importante du riche patrimoine culturel azerbaïdjanais, en violation directe des Conventions de Genève de 1949.

Au cours de la guerre de 44 jours, provoquée le 27 septembre dernier par l'Arménie et s'étant conclue par la fin de l'occupation arménienne, les infrastructures ainsi que des milliers de maisons et immeubles résidentiels éloignés des zones de combat ont également été la cible des attaques arméniennes ayant coûté la vie une centaine d'hommes, femmes et enfants, en violation directe, encore une fois, des Conventions de Genève de 1949.

Les Conventions de Genève de 1949 et leurs Protocoles additionnels sont des traités internationaux définissant les principes et règles élémentaires visant à fixer des limites à la barbarie des guerres et à la cruauté des belligérants, en protégeant notamment les personnes ne participant pas aux hostilités, telles que les populations civiles.

La Convention de La Haye de 1954 de l'Organisation des Nations unies pour l'Éducation, la Science et la Culture (UNESCO) vise à assurer la protection des biens culturels en cas de conflit armé.

L'Arménie, ayant signé et ratifié l'ensemble de ces conventions et protocoles depuis 1993, n'a pourtant jamais cessé d'enfreindre ces règles essentielles, en commettant de nombreux crimes de guerre et crimes contre l'humanité.

- Destructions et crimes de guerre au cours de la guerre de 44 jours

Durant les 44 jours d'hostilités dans le Haut-Karabakh et les sept autres régions azerbaïdjanaises qui étaient occupées par les forces arméniennes depuis 1993, les attaques de l'Arménie ont tué plus de 93 civils azerbaïdjanais et blessé au moins 500 autres.

Une part importante de ces victimes se trouvait dans des régions très éloignées des zones de combat ; ces hommes, femmes et enfants devenant les cibles d'attaques délibérées des forces arméniennes qui n'ont pas hésité à bombarder des métropoles azerbaïdjanaises telles Ganja et Mingachevir, ainsi que les régions de Khizi, Absheron, Aghdam, Aghjabadi, Goranboy, Barda, Beylagan et Tartar. Certains de ces bombardements ont été effectués avec des missiles balistiques ne pouvant être employés qu'avec l'aval du gouvernement arménien.

Les attaques arbitraires arméniennes, constituant des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité selon les Conventions de Genève (1949), ont également détruit ou fortement endommagés 3326 maisons privées, 120 immeubles d'habitation ainsi que 504 infrastructures civiles, selon Ayaz Gojayev, le Représentant de l'Azerbaïdjan auprès de l'UNESCO, interrogé mardi par l'Agence Anadolu (AA).

Soulignant que les belligérants arméniens ont volontairement ciblé les villes éloignées de la zone de conflit immédiat, Gojayev note également qu'il s'agit de "territoires densément peuplés et riches du patrimoine historique de l’Azerbaïdjan".

"Les hôpitaux et les cliniques ont, eux aussi, été pilonnés de façon volontaire par les forces arméniennes," ajoute le représentant azerbaïdjanais, rappelant qu'"une famille de 5 personnes dont deux enfants mineurs ainsi qu’un professeur d'une école de musique pour enfants de la ville de Tartar, un élève de 13 ans de l’école de musique de Naftalan, ainsi qu’un enfant de 14 ans habitant Aghjabadi, soient 11 élèves font partie des victimes recensées".

"En 44 jours, au moins 39 écoles et lycées ont été la cible délibérée des tirs des forces armées arméniennes. Ces écoles sont désormais entièrement détruites ou éventrées, les cours de récréation totalement ravagées par la mitraille et les obus", note encore Gojayev ajoutant que les responsables de ces attaques "seront poursuivis et jugés pour crimes de guerre".

Le représentant de l'Azerbaïdjan auprès de l'UNESCO fait également état de destructions et dommages contre de nombreux monuments historiques azerbaïdjanais incluant des lieux de culte mais aussi des musées :

"En raison des bombardements récents perpétrés par l’armée arménienne, un mausolée du XIIIᵉ siècle construit à la mémoire du grand Cheikh Babi Yagub, véritable sanctuaire sacré pour le peuple azerbaïdjanais et inscrit à l'inventaire national du patrimoine culturel de l'Azerbaïdjan, un Musée d’histoire-ethnographie de la région de Fuzuli, ainsi que de nombreux bâtiments de grande importance historique et culturelle, tels que le lycée historique de Ganja, construit en 1881 et qui était l'alma mater des fondateurs de la République démocratique d'Azerbaïdjan de 1918, la mosquée Imamzade du 9e siècle et l'église orthodoxe Alexandre Nevski du 19e siècle dans la ville de Ganja ont été gravement endommagés ou partiellement détruits", note encore Gojayev.

"Le lycée de Ganja, endommagé par les attaques à la roquette menées par les forces armées arméniennes sur Ganja, évoque pour nous des personnalités historiques telles que le Premier Ministre de la République démocratique d'Azerbaïdjan (une des premières au monde avoir reconnu le droit de vote des femmes), Fatali Khan Khoyski, mais aussi le deuxième Premier Ministre Nasib bey Yusifbeyli, le Ministre des Affaires Intérieures Khalil bey Khasmamedov, le Ministre de la Santé Khudadat bey Rafibeyli, le Vice-président du Parlement Hasan bey Agayev et de nombreuses autres personnalités azerbaïdjanaises", souligne le représentant de l"Azerbaïdjan auprès de l'UNESCO.

Gojayev estime que "le terrorisme arménien, qui a tué le Premier ministre de l'Azerbaïdjan Khoyski en lui tirant dans le dos en 1920, répète ses crimes 100 ans plus tard".

"Quant à « l’imamzadeh », le mausolée d’un homme saint, il est à la fois notre trésor national et un monument précieux à l’ensemble du monde musulman", ajoute Gojayev soulignant que ces attaques menées contre l'héritage culturel azerbaïdjanais mais aussi islamique constituent des crimes de guerre :

"La destruction délibérée du patrimoine culturel est une incommensurable tragédie et elle est considérée comme un crime de guerre. Al-Mahdi, le chef de l'organisation terroriste qui a détruit le mausolée de Tombouctou au Mali, a été le premier criminel de guerre condamné pour ce genre d'attaques par la Cour pénale internationale de La Haye en 2016", rappelle encore le représentant de l'Azerbaïdjan auprès de l'UNESCO.

- 30 ans de destruction arménienne du patrimoine culturel azerbaïdjanais

Ayaz Gojayev souligne que la destruction, la corruption et le pillage du patrimoine culturel azerbaïdjanais par les forces armées arméniennes n'est pas un fait récent s'inscrivant exclusivement dans le contexte de la guerre de 44 jours (27 septembre - 9 novembre 2020), le représentant de l'Azerbaïdjan auprès de l'UNESCO faisant également état d'un effort systématique de l'occupant arménien en vue de faire disparaître toute trace historique de la culture turcique et musulmane :

"Les activités illégales de l'Arménie dans le Haut-Karabagh ainsi que dans les sept régions voisines qui étaient occupées, ont pour objectif de corrompre le caractère historique et culturel de ces territoires, et cela inclut notamment la destruction illégale du patrimoine culturel, le pillage des biens culturels, ainsi que les fouilles archéologiques et profanations illégales", constate Gojayev.

"En effet, l'Arménie s'est engagée dans des actions systématiques visant à modifier le caractère et les origines azerbaïdjanaises, turciques et/ou musulmanes des monuments historiques culturels dans les territoires occupés", note encore le représentant auprès de l'UNESCO citant quelques exemples :

"Par exemple, les activités dites de « restauration » menées par l’Arménie dans la mosquée de Yukhari Govhar Agha et la forteresse historique de la ville de Choucha libérée le 9 novembre dernier, sont une tentative de modifier leur caractère culturel et historique en les présentant comme des « monuments de la culture iranienne ». Ou bien encore, le Pont historique de Khudaferin, se trouvant dans la région de Jabrail et liant l’Azerbaïdjan avec l’Iran, et qui a été libéré au mois d’octobre après 28 ans d’occupation", note encore Gojayev apportant des précisions sur la question :

"Ce pont n’a aucun lien historique avec l’Arménie. Malgré cela, l’Arménie a tenté d’usurper son identité azerbaïdjanaise et de le présenter comme un monument arménien en publiant son image, en 2004 sur sa propre monnaie et en 2018 sur un timbre-poste. Le but était de le faire reconnaître illégalement et illégitimement dans le plan international, comme un héritage arménien," déplore le représentant azerbaïdjanais ajoutant que "la tentative de manipulation a été vaine".

Gojayev précise également que "la destruction systématique et délibérée par l'Arménie ou l'altération du caractère identitaire et culturel du patrimoine historique, dans les territoires azerbaïdjanais occupés, a été documentée par les missions d'enquête de l'Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE) en 2005 et 2010".

Faisant état d'images satellitaires démontrant les crimes commis par les colons arméniens et les forces armées arméniennes, et citant également les informations rapportées par de nombreux médias internationaux, Gojayev souligne que ces sources "attestent également que les activités illégales et illégitimes de l'Arménie concernant le patrimoine culturel indigène azerbaïdjanais dans les territoires occupés représentent une violation claire et flagrante du droit international, en particulier de la Convention de La Haye de 1954 de l'UNESCO pour la protection des biens culturels en cas de conflit armé et de ses deux protocoles, ainsi que de la résolution 2347 (2017) du Conseil de sécurité des Nations unies".

"Pire encore, l’armée occupante arménienne a commis une véritable offense en détruisant dans les territoires occupés, les mosquées et les lieux saints, les lieux de culte, ou bien les ont transformés en étable pour animaux de ferme", déplore encore Gojayev.

Suite à la libération de l'occupation arménienne le 20 octobre dernier de la ville azerbaïdjanaise de Zangilan, une vidéo filmée par téléphone portable avait révélé qu'une mosquée historique avait été ruinée et transformée en porcherie. La vidéo partagée sur les réseaux sociaux montrait des soldats azerbaïdjanais entrant dans la mosquée et y trouvant des cochons. La ville de Zangilan avait été occupée le 29 octobre 1993 par les forces arméniennes ayant vidé la ville de sa population azérie.

Déplorant le grand nombre violations et crimes commis par les forces arméniennes, le représentant de l'Azerbaïdjan auprès de l'UNESCO cite également la destruction totale ainsi que le pillage du musée historique de Choucha, ville du Haut-Karabagh récemment libérée de l'occupation. Le musée avait été fermé après l'invasion de Choucha, le 8 mai 1992.

- Protection du patrimoine culturel par l'Azerbaïdjan

Interrogé sur les efforts entrepris par l'État azerbaïdjanais pour préserver le patrimoine culturel présent dans les 8 régions azerbaïdjanaises libérées de l'occupation arménienne, le représentant auprès de l'UNESCO est catégorique :

"Notre Président, Monsieur Ilham Aliyev a toujours encouragé la préservation et la restauration de tous les monuments culturels et historiques du pays", souligne d'abord Gojayev rappelant que "cela est un principe constamment souligné et appliqué par l'Azerbaïdjan sur l'intégralité de son territoire et de tout temps".

Gojayev ajoute que "dès le début de la nouvelle escalade, le 27 septembre 2020, du conflit arméno-azerbaïdjanais, le Président Ilham Aliyev est revenu de nouveau sur cette question et a également souligné que l'Azerbaïdjan prévoir de restaurer toutes les villes, toutes les mosquées détruites par les Arméniens, mais aussi de protéger et préserver la diversité du patrimoine culturel présent sur son territoire".

"Nous avons mis fin aux tentatives des Arméniens de changer les noms historiques, de falsifier l'histoire et, à terme de vouloir annihiler le patrimoine historique et culturel du peuple azerbaïdjanais. Comme nous avons su protéger et préserver les droits et patrimoines de toutes les minorités, et tous les groupes ethniques ou religieux jusqu'à présent sur notre territoire, nous continuerons de le faire dans le cadre du droit international et de nos engagements internationaux et bilatéraux, à l'intérieur de nos frontières, mais aussi à l'étranger", note encore Gojayev rappelant qu'"à ce titre, le soutien financier de l’Azerbaïdjan, de la Fondation Heydar Aliyev apporté aux restaurations des différents monuments culturels et religieux en France, en Italie, en Allemagne, en Russie, etc. en sont des exemples visibles".

"Quand les forces arméniennes ont envahi nos territoire reconnu par l'Organisation des Nations Unies, elles ont massacré des dizaines de milliers de personnes et commis un nettoyage ethnique forçant 700 000 Azéris à se réfugier dans les autres régions azerbaïdjanaises. Notre héritage culturel et historique a été détruit et pillé", note Gojayev avant de conclure en soulignant que son pays "a toujours veillé et veillera toujours à la protection des droits et du patrimoine historique et culturel de tous, sans exception aucune".

Agence Anadolu


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